Série GO Journal – Interviews de para-athlètes
Yamamoto Atsushi : l’athlète qui rêve d’un record de saut
[22.12.2017] Autres langues : 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Depuis sa médaille d’argent aux Jeux paralympiques de Pékin en 2008, Yamamoto Atsushi accumule les récompenses dans des rencontres mondiales. À plus de 35 ans, celui qui est toujours l’un des meilleurs athlètes handisport du monde se lance maintenant dans le snowboard. Il nous parle de sa philosophie sportive et du handisport.

Yamamoto Atsushi

Yamamoto AtsushiAthlète de saut en longueur et sprinter né en 1982 dans la préfecture de Shizuoka, amputé d’une jambe à l’âge de 17 ans après un accident de moto. Son souhait de devenir prothésiste après le lycée lui fait découvrir le milieu du handisport. Médaille d’argent en saut en longueur aux Jeux paralympiques de Pékin en 2008, il obtient l’or aux Championnats du monde d’athlétisme handisport de 2013, puis, aux Jeux paralympiques de Rio en 2016, l’argent pour le saut en longueur et le bronze au 4x100 mètres. Athlète professionnel depuis octobre 2017, il est sur les rangs pour représenter le Japon à l’épreuve de snowboard aux Jeux d’hiver de Pyeongchang.

Être à la fois para-athlète et orthoprothésiste

——Pratiquiez-vous déjà le snowboard avant de perdre une jambe ?

YAMAMOTO ATSUSHI J’ai commencé le snowboard au collège et, à l’époque, c’était mon sport préféré. À tel point que, lorsque j’ai eu mon accident à 17 ans, juste avant qu’on m’ampute, j’ai demandé au chirurgien si on pouvait faire du snowboard même avec une jambe en moins. Les infirmières se demandaient si je réalisais bien ce qui m’arrivait. Mon détachement était tel que cela inquiétait mon entourage.

——Vous possédez un diplôme d’État d’orthoprothésiste, un métier mal connu. En quoi consiste ce travail ?

Y.A. Il s’agit principalement de fabriquer les emboîtures de prothèses. L’emboîture est la partie en contact avec le membre ; dans le cas d’une prothèse de jambe, elle soutient le poids et transmet la force motrice à la prothèse. C’est l’un des composants de la prothèse. On fabrique aussi des prothèses de main, mais le produit le plus demandé, c’est le corset pour hernies et pour les maux de reins. Ces derniers temps, on fait aussi des orthèses plantaires pour soulager les maux de pied. Le travail de l’orthoprothésiste est de fabriquer des prothèses qui remplacent un membre disparu, ainsi que des orthèses capables de compenser une fonction déficitaire ou de protéger un membre.

——Existe-t-il des spécialistes des prothèses de jambe ?

Y.A. Ils sont peu nombreux. On ne fabrique pas énormément de prothèses, le marché des corsets est beaucoup plus important. Quand j’ai fait mes études, nous n’étions qu’une centaine à obtenir le diplôme d’État, mais aujourd’hui, on compte environ 200 diplômés chaque année, paraît-il. À mon époque, le taux de réussite au concours était proche de 90 %, c’est moins facile maintenant ; mais de plus en plus d’universités préparent à ce diplôme.

——Les athlètes orthoprothésistes sont-ils nombreux ?

Y.A. Au Japon, nous ne sommes qu’une poignée. À ma connaissance, il y a Hineno Shôta, un autre athlète de saut en longueur, et moi. Avant, il y avait aussi Kotani Kenji, un athlète de saut en longueur qui a participé aux Jeux paralympiques d’Athènes, mais à l’heure actuelle, je crois que je suis le seul membre de l’équipe nationale à posséder ce diplôme. Il n’y a pas besoin d’être diplômé pour régler soi-même sa prothèse. Mais pour comprendre la théorie derrière, il faut suivre un cursus spécialisé. Ces connaissances me permettent de faire des essais, je tiens compte de l’angle auquel ma prothèse frappe le sol, je cherche la position qui me convient le mieux. J’y prends plaisir, et je pense que c’est un plus pour un athlète de savoir fabriquer et entretenir ses prothèses.

  • [22.12.2017]
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