Série Les musées totalement insolites
Un bateau espion nord-coréen à Yokohama : le Musée des gardes-côtes japonais

Julian Ryall [Profil]

[07.02.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Le Musée des gardes-côtes japonais, situé à Yokohama, traite d’un incident digne d’un roman d’espionnage : le naufrage d’un navire espion nord-coréen, déguisé en bateau de pêche chinois. Y sont exposés le bateau et différents objets mettant en cause les activités clandestines de la Corée du Nord.

Le 22 décembre 2001, les Garde-côtes du Japon reçoivent un rapport selon lequel un bateau suspect aurait été détecté dans les eaux au sud-ouest de Kyûshû. Des avions et des navires de patrouille sont alors dépêchés pour enquêter sur l’intrus, provoquant une poursuite qui fut présentée de manière répétée aux actualités télévisées pendant plusieurs jours. Une vidéo dans le musée montre les bateaux des Garde-côtes poursuivant le bateau suspect, lui ordonnant de s’arrêter et tirant ensuite des tirs d’avertissement vers sa proue.

Un écran vidéo devant la coque du bateau espion récupéré montre les images de l’interception.

Une mission d’espionnage au destin tragique

Finalement, après un échange prolongé de coups de feu, le bateau a été coulé. Ce n’est que quelques mois plus tard, lorsqu’il a été remonté à terre, que les Japonais ont pu confirmer le fait qu’il s’agissait bien d’un bateau espion nord-coréen.

Des centaines d’objets ont été récupérés sur le fond marin ou à bord du bateau lorsqu’il a été remonté à la surface. Ces pièces – avec le bateau de 29,7 mètres de long lui-même – sont exposées dans ce petit musée très instructif, situé sur le front de mer de Yokohama, préfecture de Kanagawa.

Un téléphone cellulaire fabriqué au Japon et un dictionnaire anglais-coréen retrouvés dans le bateau.

Les vitrines du musée exposent des fusils d’assaut, des mitraillettes de gros calibre et même des lanceurs pour grenades propulsées par fusées. On peut découvrir, dans d’autres unités de présentation, des dispositifs explosifs, des combinaisons et des équipements de plongée, ainsi que des cartes détaillées.

Un casque en acier et des pièces d’un canon sans recul soviétique B-10.

D’autres armes récupérées après le naufrage.

Un commutateur électrique destiné à servir dans un détonateur.

Un canot gonflable est également exposé, avec des radios et des équipements électroniques, une cachette de documents et – preuve accablante – un insigne de boutonnière avec le portrait de Kim Il-Sung, le fondateur et premier dirigeant de la République populaire et démocratique de Corée.

Kim Il-Sung, au pouvoir jusqu’à sa mort en 1994, sur un insigne de boutonnière trouvé dans le bateau.

  • [07.02.2018]

Journaliste. Correspondant du quotidien britannique The Daily Telegraph pour la Corée et le Japon. Titulaire d’un diplôme de troisième cycle de journalisme de l’Université centrale du Lancashire (UCLan), obtenu en 1992. Premier voyage au Japon en 1992. Réside actuellement à Yokohama.

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