Série Réfléchir à la guerre
L’île de Peleliu, théâtre d’une bataille meurtrière entre le Japon et les États-Unis

Nojima Tsuyoshi [Profil]

[08.05.2018] Autres langues : 日本語 |

L’archipel des Palaos est aujourd'hui apprécié pour son écotourisme et ses efforts de protection de l'environnement. Mais nous oublions de plus en plus le passé de ces îles, en particulier celui de Peleliu, qui a été le théâtre d’une des batailles les plus meurtrières de la guerre du Pacifique.

Un attrait pour l’île de plus en plus prononcé

En regardant l’océan bleu pur et cristallin des Palaos, je me repose encore la même question : les Japonais ont-ils vraiment combattu jusqu’à la mort sur un tel endroit paradisiaque ?

Me voilà sur l’île de Peleliu, après avoir traversé en bateau des magnifiques récifs coralliens classés au patrimoine mondial. Difficile d’imaginer que cette petite île tranquille, située à près d’une heure et demie en bateau rapide de Koror, la plus grande ville de l’archipel des Palaos, a été l’un des champs de bataille les plus meurtriers de la guerre du Pacifique.

Le bateau à moteur accosté au quai de l’île de Peleliu.

Au cours de la bataille de Peleliu, l’armée japonaise, bien qu’inférieure en nombre et en moyens, a résisté avec opiniâtreté aux assauts des soldats américains. Les deux camps se sont affrontés sans relâche, faisant au total plus de 10 000 morts.

Depuis quelque temps, Peleliu connaît une forte affluence de touristes venus du Japon. Il n’y a pas de chiffres officiels, mais des voyageurs japonais y viennent en visite presque tous les jours. Jusqu’à présent, les seuls qui s’y rendaient étaient des personnes âgées venus honorer la mémoire de membres de familles ou d’amis morts au combat. Aujourd’hui toutefois, de nombreux jeunes Japonais férus d’histoire foulent volontiers du pied le site de la bataille de Peleliu.

Un tel engouement trouve son origine dans le voyage commémoratif que l’empereur et l’impératrice ont effectué aux Palaos en 2015. L’île de Peleliu est probablement l’un des lieux les plus difficiles d’accès sur lequel le couple impérial s’est rendu : six heures de vol direct du Japon au seul aéroport international des îles, situé en banlieue de Koror, suivi d’un vol en hélicoptère de Koror à Peleliu, puis enfin un trajet en minibus pour arriver au cénotaphe.

Un visiteur japonais déposant des bâtonnets d’encens sur le monument aux morts de Peleliu.

  • [08.05.2018]

Journaliste né en 1968. Diplôme d'études supérieures en journalisme de l'université Sophia. Étudie également à l'université chinoise de Hong Kong et à l'université normale de Taïwan. Intègre le journal Asahi Shimbun en 1992. Étudie ensuite à l'université de Xiamen en Chine. Il est nommé directeur du bureau de Singapour et de Taipei et directeur adjoint du service international de Asahi. Il lance la version chinoise du Asahi Shimbun dont il devient le rédacteur en chef. Journaliste indépendant depuis avril 2016. Rédige des articles sur la politique, la culture et l'histoire de la Chine moderne et de ses pays voisins. Parmi ses ouvrages publiés : Rasuto Batarion Shô Kaiseki to nihon gunjintachi (« Dernier bataillon, Tchang Kaï-chek et les militaires japonais », chez Kôdansha) et Taiwan to ha nanika (« Qu'est-ce que Taïwan », chez Chikuma Shinsho).

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