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Sept ans après la catastrophe : un panorama chiffré de la reconstruction
[11.03.2018] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | ESPAÑOL | Русский |

Sept années se sont écoulées depuis le séisme et le tsunami du nord-est du Japon et la catastrophe nucléaire de Fukushima. Nous faisons le point sur la situation actuelle des zones sinistrées et le processus de reconstruction.

75 000 personnes toujours déplacées

Selon un recensement de l’Agence de la reconstruction dévoilé en janvier 2018, la population déplacée s’élève à près de 75 000 personnes. Bien que ceci représente une baisse de plus de 103 000 personnes en deux ans, quelque 20 000 personnes vivent encore dans des logements temporaires.

Depuis la fin du mois de mars 2017, la préfecture de Fukushima a cessé la mise à disposition gratuite de logements temporaires envers les personnes qui ont quitté volontairement leur domicile situé en dehors des zones d’évacuation. Par conséquent, la plupart d’entre elles ne sont plus comptabilisées comme des « réfugiés » à proprement parler par les municipalités les ayant accueillis. Le nombre officiel de réfugiés a de fait baissé de façon significative.

Les « décès liés au séisme », causés par une hygiène détériorée et également les suicides, ont augmenté de plus de 200 personnes au cours des deux dernières années.

2016 2018
Décès liés au séisme *1 3 407 3 647
Personnes réfugiées *2 environ 178 000 environ 75 000
Logements temporaires en utilisation *3 65 704 environ 20 000

Sources : Agence de la reconstruction (*1 fin septembre 2017 / *2 janvier 2018 / *3 décembre 2017)

80 % des travaux d’aménagement de terrains résidentiels terminés

Selon l’Agence de la reconstruction, à l’heure actuelle, ont été achevés 90 % des travaux concernant les « logements sociaux pour la reconstruction », l’un des grands projets de relocalisation des réfugiés. Quant à l’aménagement de terrains résidentiels qui permettra aux personnes déplacées de rebâtir leurs maisons, il est achevé à environ 80 %. Ces opérations avancent régulièrement et seront en majeure partie terminées au cours de l’année 2018.

Logement et urbanisme

2014 2016 2018
Logements sociaux pour la reconstruction achevés 9 % 58 % 27 573 logements achevés sur les 30 405 prévus (soit 92 %)
Maisons reconstruites environ 111 000 environ 127 000 environ 139 000
Terrains résidentiels achevés pour la reconstruction individuelle de logements 5 % 45 % 14 636 travaux achevés sur les 18 000 prévus (soit 81 %)

Sources : Agence de la reconstruction (janvier 2018)

La situation des industries

Les montants des produits industriels livrés des trois préfectures sinistrées (Iwate, Miyagi, Fukushima) sont revenus au niveau d’avant la catastrophe. Les terres agricoles détruites sont redevenues cultivables pour 84 % d’entre elles, et 93 % des usines de transformations des produits de la mer ont repris leurs activités (sources : Agence de la reconstruction).

Infrastructures économiques

2014 2015 2016 2018
Zones arables 63 % 70 % 74 % 84 %
Installations d’aquaculture 80 % 83 % 87 % 93 %

Sources : Agence de la reconstruction (janvier 2018)

Concernant la reprise des affaires, parmi les sociétés bénéficiant de subventions destinées aux régions sinistrées, les 45 % ont retrouvé leurs chiffres d’affaires d’avant le séisme. Cette enquête montre des résultats bien différents en fonction des secteurs. Ainsi, 80 % des entreprises du bâtiment disent avoir retrouvé un bon niveau d’activité, contre 30 % seulement pour les industries de l’agroalimentaire et de la pêche maritime.

Notons également que la méfiance envers les produits venus de Fukushima ne s’estompe pas. Par exemple, le prix de gros de la pêche ou du bœuf est de 10 à 20 % moins cher que les produits des autres régions de l’Archipel. Et il y a 10 % de moins de touristes visitant la préfecture par rapport à la période précédant la catastrophe.

La situation à Fukushima

Selon la préfecture de Fukushima, en octobre 2017, il y avait près de 55 000 personnes contraintes de vivre en tant que réfugiés, dont plus quelque 35 000 en dehors de la préfecture.

Les consignes d’évacuation n’ont pas été encore levées pour trois des onze municipalités des environs de la centrale de Fukushima Daiichi : Futaba, Ôkuma et Namie. D’après les sondages effectués par le ministère de la Reconstruction, la préfecture de Fukushima et les municipalités évacuées, plus de la moitié des évacués issus de ces trois municipalités disent ne pas souhaiter rentrer chez eux même après la levée des consignes d’évacuation.

Afin de suivre l’évolution du taux de rayonnement radioactif dans l’air, l’État et la préfecture de Fukushima ont installé 624 postes de surveillance et ont doté des écoles, des parcs et des crèches de plus de 3 000 dosimètres fonctionnant en temps réel. Les résultats des mesures sont disponibles sur le site internet Fukushima Prefecture radioactivity mesurement map.

Pour réduire la dose de rayonnement dans l’air, des opérations de décontamination ont été réalisées, consistant en la tonte systématique de l’herbe, un nettoyage des toits de maison à eau sous haute pression et la suppression de la couche de surface du sol. Ces opérations ont été presque achevées et le taux de radioactivité serait en baisse. Dans la ville de Fukushima en novembre 2017, il était de 0,15 microsievert, se rapprochant graduellement du niveau d’avant le séisme (0,04 microsievert).

Le démantèlement de la centrale perdurera encore très longtemps

À l’intérieur de la centrale de Fukushima Daiichi, à l’origine de la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire, les opérations d’élimination des débris radioactifs se poursuivent. Tout au long de l’année 2017, les robots envoyés dans les enceintes de confinement des réacteurs 1, 2 et 3 ont inspecté les débris de combustible fondu qui se sont échappés de la cuve à pression lors de l’accident, afin de chercher un moyen concret pour les récupérer. Mais les résultats de cette opération se sont révélés insuffisants.

En septembre 2017, pour la première fois depuis deux ans, le gouvernement et la compagnie d’électricité Tepco ont renouvelé leur programme de démantèlement de la centrale :

– Milieu de l’année 2019 : choix de la méthode de récupération des débris nucléaires ainsi que du premier réacteur dans lequel sera lancée cette opération (prévu à l’origine durant l’année 2018).

– Courant 2023 : lancement des opérations de récupération du combustible usé stocké dans les piscines d’entreposage des réacteurs 1 et 2 (prévu à l’origine en 2020).

– Entre 2030 et 2040 : Mis hors service total de la centrale (comme prévu à l’origine).

(Photo de titre : Après sept ans, la diminution considérable en dessous de la norme du taux de substances radioactives a permis à une entreprise de la ville de Soma, de la préfecture de Fukushima, d’expédier à nouveau ses algues aonori. 5 février 2018. Jiji Press)

  • [11.03.2018]
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