Instantanés de culture générale sur le Japon

L’art d’or et de laque : le « maki-e » japonais

Art

Dans sa forme la plus emblématique, la technique japonaise du maki-e associe le noir profond de la laque à la poudre d’or, offrant une élégance raffinée et luxueuse.

Une longue tradition

Le maki-e est un art décoratif qui consiste à créer des motifs en saupoudrant de la fine poussière de métal, le plus souvent de l’or ou de l’argent, sur des dessins tracés à la laque encore fraîche. Son nom signifie littéralement « image saupoudrée ».

Apparu au VIIIᵉ siècle, ce savoir-faire s’est développé sous de nombreuses formes.

Hira maki-e (« maki-e plat ») : l’artisan applique la poudre métallique sur la laque fraîchement tracée à l’endroit du motif, obtenant ainsi un rendu à deux dimensions.

Togidashi maki-e (« maki-e polie ») : la poudre est déposée entre plusieurs couches de laque, puis la pièce est soigneusement polie pour faire apparaître le dessin sous la surface.

Taka maki-e (« maki-e en relief ») : de la poussière de charbon ou de la poudre d’argile est ajoutée au mélange pour donner au motif un relief en trois dimensions.

Certaines créations en maki-e intègrent également de délicats fragments de métal ou de nacre.

En 2008, le gouvernement japonais a distingué le maître artisan Murose Kazumi au titre de Trésor national vivant pour sa maîtrise du maki-e.

Si cette technique s’épanouit traditionnellement sur de petits objets (comme des plateaux décoratifs, des ornements de coiffure ou des boîtes destinées au thé ou au matériel d’écriture), elle sublime aussi des pièces de plus grande envergure, à l’image des paravents ou des autels bouddhiques.

Données utilisées

(Photo de titre : « Boîte à écriture aux huit passerelles » (Yatsuhashi maki-e raden suzuri-bako), un Trésor national réalisé par Ogata Kôrin. Avec l’aimable autorisation du Musée national de Tokyo/Colbase)

artisanat art