Les visages célèbres des gouverneurs de Tokyo : qui sont-ils ?

Politique

Alors que Tokyo va élire son gouverneur le 5 juillet 2020, portons un regard sur l’actuelle dirigeante de la capitale japonaise Koike Yuriko et ses prédécesseurs, tous généralement célèbres pour leur profil public plus que pour leurs actions politiques.

La période de campagne pour les prochaines élections au poste de gouverneur de Tokyo a débuté officiellement le 18 juin, et les électeurs se rendront aux urnes le 5 juillet. La gouverneure en exercice, Koike Yuriko, a confirmé sa candidature pour un second mandat le vendredi 12 juin, et sa victoire est largement considérée comme acquise.

Le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir au Japon a déclaré qu’il ne soutiendrait aucun candidat pour s’opposer à elle, et les partis d’opposition quant à eux ont eu du mal à sélectionner les candidats pour l’affronter. Parmi ces derniers, on compte Utsunomiya Kenji, un célèbre avocat, et Ono Taisuke, un ancien vice-gouverneur de la préfecture de Kumamoto et membre du parti conservateur Nippon Ishin no Kai.

Aucun des deux gouverneurs précédents, Masuzoe Yôichi et Inose Naoki, n’avait pu achever leur mandat, ayant été contraints de se retirer suite à plusieurs scandales. Si Koike Yuriko est réélue comme prévu, elle sera la première gouverneure a accéder à un second mandat depuis Ishihara Shintarô. En 2012, celui-ci se retire au milieu de son quatrième mandat afin de participer aux élections nationales, nommant alors le vice-gouverneur Inose Naoki comme successeur. Ishihara partage le record d’avoir été élu quatre fois gouverneur de Tokyo avec Suzuki Shun’ichi, qui est celui à avoir siégé le plus longtemps à Tokyo, pendant une période de 16 ans.

Les gouverneurs de Tokyo

Nom
Durée du mandat
Préfecture de naissance Connu pour
Koike Yuriko
Août 2016 – (premier mandat)
Hyôgo
Masuzoe Yôichi
Février 2014 – Juin 2016
(1 mandat)
Fukuoka
  • Relations diplomatiques avec une ville jumelée à Tokyo.
  • Accusations de détournement d’argent public.
Inose Naoki
Décembre 2012 – Décembre 2013
(1 mandat)
Nagano
  • Candidature aux Jeux olympiques réussie.
  • Scandale du financement de sa campagne électorale.
Ishihara Shintarô
Avril 1999 – Octobre 2012
(4 mandats)
Hyôgo
  • Restrictions des émissions des véhicules diesel.
  • Création de la ShinGinkô Tokyo Bank.
Aoshima Yukio
Avril 1995 – Avril 1999
(1 mandat)
Tokyo
  • Annulation de la World City Expo de 1996.
Suzuki Shun’ichi
Avril 1979 – Avril 1995
(4 mandats)
Yamagata
  • Déplacement des bureaux du gouvernement métropolitain à Shinjuku.
Minobe Ryôkichi
Avril 1967 – Avril 1979
(3 mandats)
Tokyo
  • Gouvernement progressiste.
  • Aides sociales
  • Mesures anti-pollution.
Azuma Ryôtarô
Avril 1959 – Avril 1967
(2 mandats)
Osaka
Yasui Seitarô
Mai 1947 – Avril 1959
(3 mandats)
Okayama
  • Premier gouverneur élu avec les élections publiques.

Des personnes choisies davantage pour leur profil public

Pour faire face au Covid-19 à Tokyo, Koike Yuriko s’est appuyée sur son expérience en tant qu’ancienne journaliste. Ses conférences de presse, bien présentées, incorporent des slogans comme « les trois C » à éviter : espaces fermés (Closed spaces), espaces surpeuplés (Crowded places) et contacts rapprochés (Close-contact spaces).

En tant que figure de proue de toute une préfecture, les gouverneurs sont souvent choisis en fonction de leur profil public plutôt qu’en raison de leurs accomplissements politiques. Le politologue Masuzoe Yôichi et l’auteur de récits de non-fiction Inose Naoki ont par exemple régulièrement participé à des débats télévisés en tant que commentateurs dans des émissions d’actualités.

Ishihara Shintarô est le plus célèbre des anciens gouverneurs de Tokyo. Il se fait connaître en remportant le prix littéraire Akutagawa à l'âge de 23 ans, et fait la une des journaux en formant une célèbre paire avec son frère Yûjirô, célébrité du milieu du cinéma.

Aoshima Yukio était quant à lui un lauréat du prix littéraire Naoki et un homme aux multiples talents, connu comme parolier et personnalité médiatique.

Minobe Ryôkichi, qui a été soutenu par les partis politiques progressistes, était un économiste de renom. Il a participé pendant deux ans à un programme éducatif de la NHK tout en donnant des cours à la Tokyo University of Education. Le talent de Minobe pour expliquer les concepts économiques dans son émission en utilisant des exemples de cuisine a été un succès auprès des téléspectateurs, ce qui lui a permis de la présenter pendant trois saisons.

Azuma Ryôtarô, titulaire d’un doctorat en médecine, a été un pionnier de la médecine sportive japonaise et a siégé au Comité international olympique entre 1950 et 1968, un rôle qu’il a poursuivi pendant son mandat de gouverneur. Azuma était donc le gouverneur idéal pour superviser les Jeux olympiques d'été de 1964 à Tokyo.

De tous les noms de la liste, seuls Suzuki Shun’ichi et Yasui Seitarô avaient un parcours purement politique. Avant d'être élu gouverneur, Suzuki était vice-ministre administratif au ministère des Affaires intérieures (aujourd’hui ministère des Affaires intérieures et des Communications). En tant que vice-gouverneur, il a soutenu l’administration Azuma alors qu’elle se concentrait sur l’accueil des Jeux olympiques.

Yasui avait pour sa part servi au ministère de l’Intérieur, aujourd’hui disparu. À l'époque où les gouverneurs étaient encore choisis par des bureaucrates du secteur public, il a été le dernier gouverneur non élu de Tokyo, et il a également été le premier à être élu après la transition vers un système d'élections publiques.

Des gouverneurs de Tokyo nés loins de la capitale

Sur les dix personnes qui ont gouverné la préfecture d’Osaka suite au commencement des élections après la Seconde Guerre mondiale, six sont nés à Osaka, Kyoto ou Hyôgo, dond dans la región du Kansai. Bien que l’ex-gouverner d’Osaka Hashimoto Tôru soit né à Tokyo, puisqu’il a vécu à Osaka à partir de l'âge de 10 ans, il est toujours considéré comme un local.

La situation à Tokyo est très différente, puisque seuls deux gouverneurs élus sur neuf sont nés à Tokyo, et qu’aucun d’entre eux n’est venu des préfectures environnantes de Kanagawa, Chiba ou Saitama. Cela reflète le fait que les élections gouvernementales de Tokyo consistent davantage à choisir quelqu’un pour représenter la capitale du Japon qu'à sélectionner une personne de la région.

(Photo de titre : [de gauche à droite] Koike Yuriko annonçant sa candidature 2020, Ishihara Shintarô lors de sa première élection avec son prédécesseur Aoshima Yukio, Minobe Ryôkichi annonçant sa candidature pour un troisième mandat. Jiji Press)

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