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Dissolution de la Chambre basse et élections anticipées : un calendrier inhabituel dans la politique japonaise

Politique

La Première ministre japonaise a annoncé lundi sa volonté de dissoudre la Chambre basse du Parlement pour le 23 janvier et provoquer de nouvelles élections afin, entre autres, de s’assurer une plus grande majorité. Une telle décision est inhabituelle en tout début d’année, avant l’ouverture des débats politiques. Comment son calendrier se compare-t-il à celui des autres élections anticipées de l’après-guerre ?

Le lundi 19 janvier, la Première ministre Takaichi Sanae a officiellement annoncé qu’elle allait dissoudre la Chambre des représentants lors de l’ouverture de la session ordinaire de la Diète (le parlement japonais), le 23 janvier, puis convoquer des élections peu après, le 8 février. La dissolution de la Chambre basse met fin de manière anticipée au mandat de l’ensemble de ses membres, normalement fixé à quatre ans, et entraîne l’organisation d’élections destinées à élire de nouveaux députés. Elle est généralement perçue comme un moyen de sonder la volonté du peuple.

Depuis l’entrée en vigueur de la Constitution japonaise d’après-guerre, la Chambre des représentants a été dissoute à 26 reprises avant le terme du mandat de ses membres. Toutefois, seuls quatre de ces cas sont intervenus au tout début d’une session ordinaire ou extraordinaire de la Diète, avant l’ouverture des débats politiques. La décision annoncée par la dirigeante du pays marque ainsi la première dissolution en début de session ordinaire depuis soixante ans, la précédente remontant à 1966, sous le gouvernement du Premier ministre Satô Eisaku.

L’annonce de Takaichi Sanae n’en est que plus inhabituelle en raison de son calendrier : une dissolution en janvier, un mois qui n’a connu que deux précédents pour la Chambre des représentants — en 1955 sous le Premier ministre Hatoyama Ichirô, puis en 1990 sous le Premier ministre Kaifu Toshiki. Le premier mois de l’année est en effet rarement choisi, en raison de son importance dans le calendrier législatif, puisqu’il correspond à une période clé de discussions approfondies sur le budget de l’exercice fiscal devant débuter en avril.

Lorsque Kaifu a dissous la chambre le 24 janvier 1990, son gouvernement n’a pu déposer le projet de budget qu’à la fin février, après la tenue des élections. Les débats budgétaires à la Diète se sont ensuite étalés sur plusieurs mois, et le budget de l’exercice 1990 n’a finalement été adopté qu’en juin, bien après le début de l’exercice.

Lors de sa conférence de presse du 5 janvier, Takaichi a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des politiques destinées à faire face à la hausse des prix et aux inquiétudes économiques, « dont les effets sont directement ressentis par la population japonaise ». Toutefois, la convocation d’élections anticipées compromettra vraisemblablement l’adoption du budget 2026 destiné à financer ces mesures avant la fin de l’exercice fiscal en cours, qui s’achève en mars.

Au 23 janvier, date à laquelle Takaichi devrait dissoudre la Chambre des représentants, ses membres auront siégé pendant 454 jours seulement, soit moins d’un tiers de leur mandat constitutionnel de quatre ans. Il s’agirait de la législature la plus courte de l’après-guerre, à l’exception de deux dissolutions consécutives à l’adoption de motions de censure contre les gouvernements de Yoshida Shigeru en 1953 et d’Ôhira Masayoshi en 1980.

Si, comme prévu, les élections sont organisées le 8 février, le scrutin se tiendra à peine seize jours après la dissolution de la chambre. Ce délai établirait un nouveau record d’après-guerre pour l’intervalle le plus court entre la dissolution et le vote, la Constitution japonaise fixant un maximum de quarante jours pour cette période.

Durée du mandat des députés de la Chambre basse jusqu’au moment de la dissolution

Durée entre le lancement d’une nouvelle administration et la dissolution de la Chambre basse

Données utilisées

(Voir également notre article : La politique japonaise en 2026 : Takaichi Sanae va-t-elle reconsolider le pouvoir du PLD ?)

(Photo de titre : le bâtiment de la Diète nationale, à Tokyo © PhotoAC)

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