Les travailleurs syndiqués sont-ils nombreux au Japon ? L’évolution des chiffres
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La plus faible proportion enregistrée
Depuis 2021 et sur cinq années consécutives, la chute du taux de syndicalisation est constante. Ainsi, avec un chiffre de 16,0 % en 2025, il s’agit de la plus faible proportion jamais enregistrée depuis 1947, date de la première étude.
D’après le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, avec 660 000 travailleurs de plus qu’en 2024, la population active du Japon est désormais de 62,5 millions de personnes (dernières données de juin 2025). Toutefois, le nombre d’adhérents syndicaux n’a progressé que de 15 000, s’établissant à 9 927 000 personnes. Parmi elle, on recense 3 545 000 millions de femmes syndiquées, soit 40 000 personnes de plus que l’année précédente. Leur taux de syndicalisation est resté pratiquement stable, à 12,3 %.
Le nombre de syndiqués travaillant à temps partiel a atteint un nouveau record de 1 491 000, avec 31 000 personnes de plus qu’en 2024 (+ 2,1 %). Leur part dans le total des effectifs syndicaux est de 15,3 % (+ 0,2 point). Mais le taux de syndicalisation des travailleurs à temps partiel reste pratiquement inchangé (8,8 % de l’ensemble). Le Japon compte par ailleurs 22 244 syndicats, soit 268 de moins qu’en 2024.
Par secteur, l’industrie manufacturière compte le plus de personnel syndiqué (2 614 000 adhérents, soit 26,5 % du total). Se positionne ensuite le secteur du commerce de gros et de détail (1 574 000) puis le BTP (835 000).
Les syndicats les plus importants sont le Rengô (Confédération japonaise des syndicats), qui compte 6 924 000 membres (+ 7 000 affiliés de plus qu’en 2024), ainsi que le Zenrôren (Confédération nationale des syndicats) avec 649 000 membres (- 19 000), et le Zenrôkyô (Conseil national des syndicats) avec ses 77 000 membres (- 5 000).
Des écarts dans les taux de syndicalisation
Le taux officiel de syndicalisation diffère des résultats d’études menées par des universités et des instituts de recherche, qui font état d’une tendance à la hausse depuis les années 2000, avec un niveau récemment situé entre 25 % et 30 %. Un article publié en décembre 2025 dans la revue Financial Review (n° 161), éditée par l’Institut de recherche politique, du ministère des Finances, avance deux explications possibles à cet écart dans les statistiques publiques : (1) les syndicats ne sont pas tenus de répondre à l’enquête, ce qui peut entraîner des omissions ; (2) l’affaiblissement des structures des collectivités locales chargées de la collecte des données, conséquence des réformes administratives.
Données utilisées
- Enquête sur les syndicats en 2025 (en japonais), du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales
- Financial Review, numéro 161 (en japonais), du ministère des Finances
(Photo de titre : manifestation du 1er mai 2025 pour la Journée internationale des travailleurs, à Tokyo. Jiji)

