Supprimer la TVA sur l’alimentation : un faible impact sur l’économie japonaise ?
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Une hausse du PIB de 0,3 milliard de yens
La Première ministre Takaichi Sanae a annoncé au début de l’année son intention de suspendre pendant deux ans la TVA portant sur l’alimentation, taxe qui avait déjà été ramenée à 8 % en 2019. Cette annonce faisait suite à l’écrasante victoire du PLD aux législatives de février dernier. Un organisme consultatif du gouvernement devra d’ici juin 2026 rendre son rapport sur cette suspension temporaire.
Selon l’Institut de recherche Daiwa, la suppression permettrait aux ménages d’économiser en moyenne 88 000 yens par an (480 euros). Si l’on ventile ces chiffres par niveau de revenu, on constate que les ménages à revenus élevés, qui ont tendance à consommer davantage, profiteraient davantage de la mesure, et ceux appartenant à la tranche de revenu la plus élevée (20 %) seraient deux fois plus bénéficiaires que la tranche des foyers aux revenus les plus bas (20 %). L’institut conclut qu’au final « d’importantes ressources fiscales seraient mobilisées au profit de ménages qui ont le moins besoin d’aides pour maintenir leur niveau de vie ».
L’institut souligne par ailleurs que la suppression de la TVA sur l’alimentation entraînerait une perte annuelle de 4 800 milliards de yens de recettes fiscales (26,17 milliards d’euros) et ne stimulerait la consommation que de 500 milliards de yens (2,72 milliards d’euros) pour un gain de PIB de seulement 300 milliards de yens (1,63 milliard d’euros).
Enfin, l’enquête menée par l’institut Teikoku Databank auprès de 1 546 entreprises de tout l’Archipel, montre que seulement 25,7 % des sondés estiment qu’une réduction de la TVA sur l’alimentation leur sera « bénéfique », quand 48,2 % pensent qu’elle n’aura « aucun impact particulier ».
Le secteur de la vente au détail accueille favorablement cette réduction de la TVA qui devrait stimuler la consommation, mais beaucoup doutent que le gouvernement ne parvienne à financer la mesure. Certains se plaignent par ailleurs qu’un surcroît de charge administrative est à prévoir. Et dans le secteur de la restauration, certains craignent de perdre des clients qui pourraient se reporter sur l’offre de plats préparés vendus à emporter ou en supermarchés du fait des coûts bas.
Données utilisées
- Étude sur la TVA sur l’alimentation à taux zéro (en japonais) réalisée par l’Institut de recherche Daiwa.
- Enquête sur l’impact de la réduction de la TVA sur le monde de l’entreprise (en japonais) réalisée par Teikoku Databank.
(Photo de titre © Pixta)

