Les jeunes Japonais sont-ils trop occupés pour lire ?

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Il est commun pour un étudiant au Japon d’effectuer aussi un travail à temps partiel. Mais un tel emploi du temps est-il compatible avec la lecture, et même avec les études ?

En février 2026, la Fédération nationale des coopératives universitaires a publié les résultats d’une enquête menée à l’automne précédent sur les conditions de vie des étudiants au Japon. L’analyse des dépenses mensuelles met en évidence une hausse des dépenses alimentaires, reflet direct de l’augmentation des prix. À l’inverse, les dépenses consacrées aux livres, déjà en recul, ont encore diminué pour passer, pour la première fois en dix ans, sous la barre des 1 000 yens (5,4 euros).

Combien les étudiants japonais dépensent-ils pour l’achat de livres ?

Parmi les étudiants interrogés, 77,4 % exercent un emploi à temps partiel en parallèle de leurs études. Cette proportion avait progressé entre 2016 et 2019, avant de chuter nettement en 2020 sous l’effet de la crise sanitaire. Elle est repartie à la hausse dès l’année suivante et n’a cessé d’augmenter depuis, dépassant son niveau d’avant la pandémie en 2024 pour atteindre un record l’année suivante.

Les données montrent par ailleurs que plus les étudiants travaillent, moins ils lisent. Ainsi, 63,6 % de ceux qui travaillent 23 heures ou plus par semaine déclarent ne pas lire du tout au quotidien, contre 52,2 % parmi ceux qui travaillent moins de 7 heures. Ce constat met en évidence un lien clair entre une charge de travail réduite et une pratique de la lecture plus régulière. À l’inverse, une partie des étudiants déclare lire au moins une heure par jour, quel que soit leur temps de travail, ce qui suggère l’existence de deux profils distincts : ceux qui ne lisent pas et ceux qui parviennent à maintenir cette habitude malgré un emploi du temps chargé.

Temps de lecture en fonction du nombre d’heures de travail par semaine

L’enquête révèle également que plus le nombre d’heures travaillées augmente, plus la part d’étudiants ne consacrant aucun temps aux études en dehors des cours (préparation ou révisions) est élevée. À l’inverse, lorsque le temps de travail diminue, cette proportion recule, tandis que celle des personnes étudiant dix heures ou plus par semaine progresse. En somme, des horaires de travail élevés réduisent nettement le temps disponible pour étudier.

Temps d’études en fonction du nombre d’heures de travail par semaine

Données utilisées

(Photo de titre : PhotoAC)

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