Travail au Japon : le salaire annuel moyen et les secteurs aux plus hautes augmentations
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Dans certaines branches les salaires sont en retard sur l’inflation
L’étude réalisée par l’Institut de recherche Recruit Works, sur la base des données du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales indique qu’en 2025 au Japon, le salaire annuel moyen (12 mois de salaire plus les primes) s’élevait à 5 456 000 yens (environ 29 500 euros), soit 12 % de plus qu’en 2020, date de la dernière enquête. Mais, les prix à la consommation ayant augmenté de 11,9 % sur la période, les salaires réels n’ont pratiquement pas augmenté.
L’analyse des chiffres branche par branche montre qu’en cinq ans les agents administratifs travaillant sur le terrain (agents de recouvrement, agents du recensement ou personnel relevant les compteurs) ont bénéficié des meilleures revalorisations salariales (+ 64 %). Au palmarès des 10 professions ayant bénéficié des plus fortes revalorisations, on trouve par ailleurs quatre professions « manuelles » (chauffeurs de taxi ou ouvriers des chaînes d’assemblage automobile). Furuya Shôto dirige une équipe de recherche au Recruit Works Institute, pour lui « le vieillissement de la population et la pénurie de main-d’œuvre dans les branches à forte pénibilité ont favorisé une hausse tendancielle des salaires de ces secteurs ».
Chez les cols blancs, les plus fortes hausse de salaires concernent les personnels qualifiés (experts-comptables et consultants en systèmes) alors que la revalorisation salariale du personnel administratif « généraliste » reste relativement faible, les hausses de salaires ne dépassent pas les 8,5 %.
« l’IA générative n’a pas encore généré une baisse notable du recrutement des cols blancs », mais « les revalorisations salariales restent inférieures à la moyenne pour le personnel administratif non spécialisé », souligne Furuya.
Les salaires ont globalement stagné (hausse à un chiffre) dans les secteurs où les rémunérations sont encadrées et non déterminées par l’offre et la demande. Ainsi pour le secteur de l’éducation et des soins à la personne, les salaires sont fixés par l’État et les grilles de l’assurance maladie. De même, le salaire des chauffeurs de bus dépend des tarifs approuvés par le gouvernement. Dans ces secteurs, les salaires réels ont en réalité régressé. Furuya souligne que « la pénurie de main-d’œuvre pourrait aggraver encore la situation, le risque est de déboucher sur une détérioration du service public ».
Données utilisées
- Données sur l’évolution des salaires (en japonais), sur le site de Recruit Works Institute.
(Photo de titre : Pixta)


