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Guerre en Iran : la chute brutale des importations de pétrole au Japon

Économie International

Les importations japonaises de pétrole ont fortement chuté en avril en raison de la forte dépendance du pays au Moyen-Orient pour son approvisionnement.

Un passage interdit

Depuis les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février, le détroit d’Ormuz — point de passage essentiel pour le transport pétrolier dans la région — est pratiquement fermé à la circulation maritime. Selon l’Association japonaise des armateurs, seuls cinq navires liés au Japon ont traversé le détroit entre mars et mai.

Comme le transport du pétrole par pétrolier depuis le Moyen-Orient vers le Japon prend environ vingt jours, la situation du mois de mars a directement influencé les statistiques commerciales d’avril, établies à partir des marchandises ayant passé les douanes.

Les estimations publiées par le ministère des Finances montrent que le volume total de pétrole brut importé en avril a chuté de 63,7 % sur un an, à 4,5 millions de kilolitres par rapport à avril 2025. Sur ce total, 3,8 millions de kilolitres provenaient du Moyen-Orient, soit une baisse de 67,2 %. Ces deux chiffres constituent les niveaux les plus bas depuis le début des relevés mensuels par produit en 1979.

Aucune donnée directement comparable n’existe pour les crises pétrolières de 1973 et 1979, mais l’Association de pétrole du Japon indique que les importations de pétrole brut avaient reculé de 4,5 % sur un an durant l’exercice fiscal 1974 et de 10 % durant l’exercice 1980. Même si les chiffres d’avril 2026 ne concernent qu’un seul mois, l’ampleur de cette baisse apparaît particulièrement importante.

Évolution des importations de pétrole brut depuis 2021

Bien que les inquiétudes concernant l’approvisionnement aient entraîné une forte hausse du prix du pétrole brut de Dubaï en mars, la baisse des volumes importés par le Japon a fait reculer de 50 % la valeur totale des importations pétrolières, à 454,2 milliards de yens (2,46 milliards d’euros), sans effet négatif sur la balance commerciale.

La part du pétrole importé du Moyen-Orient représente habituellement plus de 90 % des importations japonaises, mais elle est descendue à 85,8 % en avril. Le gouvernement a cherché des sources d’approvisionnement alternatives et a libéré une partie des réserves stratégiques. La Première ministre Takaichi Sanae a affirmé que le Japon pouvait garantir son approvisionnement pétrolier jusqu’au début de l’année 2027.

Sources d’approvisionnement du Japon en pétrole brut en avril 2026

Dans un rapport sur les perspectives économiques du Japon, Kiuchi Takahide, économiste exécutif au sein de l’institut de recherche Nomura, estime que si le détroit d’Ormuz reste fermé, « les pénuries de pétrole et de naphta entraîneront des réductions de production, qui provoqueront à leur tour des pénuries de produits et des hausses de prix ». Selon lui, la tendance à la stagflation — combinant inflation élevée et faible croissance — risque ainsi de s’accentuer.

Données utilisées

(Photo de titre : le pétrolier Eneos Endeavor du groupe Eneos. Avec l’aimable autorisation d’Eneos; Jiji)

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