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Vivre et se divertir seul après 60 ans : un choix de plus en plus important chez les seniors japonais

Société Famille

Une enquête menée auprès de Japonais âgés de 60 à 74 ans révèle une préférence croissante pour le temps passé seul.

Le plaisir d’être seul

Depuis 1986, l’Institut Hakuhodo de la vie et des modes de vie mène tous les dix ans une enquête auprès d’hommes et de femmes âgés de 60 à 74 ans. En 1986, l’espérance de vie moyenne s’établissait à 80,93 ans pour les femmes et à 75,23 ans pour les hommes. D’après les données les plus récentes (2024), ces chiffres sont passés respectivement à 87,13 ans et 81,09 ans. Dans le même temps, l’environnement social a lui aussi profondément évolué, notamment avec l’allongement des carrières professionnelles.

Au cours des quarante dernières années, la proportion de personnes interrogées déclarant souhaiter vivre avec leur famille élargie a reculé de 20,1 points de pourcentage, tandis que celle des personnes participant à des groupes de loisirs ou à des associations locales a diminué de 19,7 points. Ces évolutions témoignent d’un net affaiblissement des liens avec des groupes tels que la famille ou la communauté locale. Parallèlement, 66,4 % des personnes interrogées ; soit environ deux sur trois ; déclarent passer davantage de temps seules qu’avec des amis ; 48,6 % préfèrent aller seules au restaurant ou dans un bar, soit trois fois le niveau observé il y a quarante ans. En somme, de plus en plus de personnes souhaitent profiter librement de la vie, à leur propre rythme, plutôt que de faire des activités avec les autres.

Attitudes à l’égard de la famille et des groupes chez les Japonais âgés de 60 à 74 ans

Attitudes à l’égard des activités en solitaire chez les Japonais âgés de 60 à 74 ans

Le rapport au mariage a lui aussi profondément évolué (les questions portant sur ce sujet ont été introduites dans l’enquête en 1996). Au cours des trente dernières années, la proportion de personnes déclarant souhaiter être inhumées dans la même tombe que leur conjoint a diminué de 21,2 points de pourcentage, tandis que celle des personnes souhaitant partager des loisirs avec leur conjoint a reculé de 24,3 points. L’enquête révèle également que 48,3 % des femmes et 30,4 % des hommes se disent favorables au concept de sotsukon, littéralement « diplôme de mariage » : un mode de vie dans lequel les conjoints restent légalement mariés, mais ne se mêlent pas de la vie l’un de l’autre. Ces résultats montrent que l’on accorde une importance croissante au respect de l’individualité de chacun, plutôt qu’au fait d’être constamment ensemble.

Attitudes à l’égard de la vie avec son conjoint chez les Japonais âgés de 60 à 74 ans

Une personne « âgée » à partir de quel âge ?

L’enquête s’est également intéressée à la perception de l’âge à partir duquel une personne peut être considérée comme « âgée », en distinguant deux termes japonais aux nuances légèrement différentes : rôjin désigne de manière assez directe et impersonnelle une personne âgée, le terme pouvant parfois paraître un peu abrupt, tandis que otoshiyori est une appellation plus polie et respectueuse, proche de « nos aînés » en français.

En 1986, les personnes interrogées estimaient en moyenne que l’on devenait un rôjin à partir de 71,5 ans ; en 2026, ce seuil était passé à 75,9 ans. De même, l’âge à partir duquel une personne était considérée comme un otoshiyori est passé de 72,8 ans en 1986 à 75,8 ans en 2026. Il semble donc aujourd’hui que l’on ne commence à se considérer comme âgé qu’à l’approche de 80 ans.

À partir de quel âge considère-t-on une personne comme rôjin ou otoshiyori ?

L’enquête de 2026 a été menée entre janvier et février auprès de 700 hommes et femmes âgés de 60 à 74 ans dans l’aire métropolitaine de Tokyo.

Données utilisées

(Photo de titre : Pixta)

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