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Autosuffisance alimentaire au Japon : un faible chiffre bien loin de la France et du Canada

Économie Société

Le taux d’autosuffisance alimentaire du Japon calculé sur la base de l’apport calorique est tombé à un plus bas historique de 37,11 % au cours de l’exercice 2025. Cette baisse s’explique en grande partie par les pénuries de riz produit dans l’Archipel, qui ont entraîné une hausse des importations de cet aliment de base.

L’objectif de 45 % reste lointain

Au cours de l’exercice 2025 (avril 2025-mars 2026), le taux d’autosuffisance alimentaire du Japon calculé sur la base de l’apport calorique est tombé à 37,11 %, son niveau le plus bas jamais enregistré, selon les données compilées par le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche. Ce taux avait déjà évolué autour de 37 % par le passé, mais il est désormais inférieur au précédent record de 37,15 %, établi lors de l’exercice 2020.

Cette baisse s’explique principalement par les pénuries de riz et l’envolée des prix qui en a résulté au cours de cette période. La consommation de riz japonais a diminué tandis que les importations ont augmenté, notamment celles de riz cultivé en Californie et vendu dans les grandes enseignes de supermarchés. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de porter à 45 % le taux d’autosuffisance alimentaire en calories d’ici à l’exercice 2030. Cet objectif reste toutefois encore très éloigné, même en faisant abstraction des pénuries de riz.

Parallèlement, le taux d’autosuffisance calculé sur la base de la valeur de la production a progressé de deux points pour atteindre 66 %, sous l’effet de la hausse des prix du riz japonais.

Pour mesurer la production véritablement assurée par les ressources nationales, le calcul du taux d’autosuffisance exclut les produits issus d’animaux d’élevage nourris avec des aliments importés. À l’inverse, le taux de production nationale ne tient pas compte du degré d’autosuffisance en aliments pour animaux et considère comme domestique toute production issue d’animaux élevés au Japon. L’écart entre ces deux indicateurs permet ainsi de mesurer le degré de dépendance du pays à l’égard des aliments pour animaux importés.

Taux d’autosuffisance alimentaire (TAS) et taux de production au Japon

Au-delà de sa production nationale, le Japon dépend fortement des importations en provenance des États-Unis, du Canada et de l’Australie pour couvrir l’apport calorique quotidien par habitant.

Part de chaque pays dans l’approvisionnement alimentaire quotidien du Japon (calculé en base calorique) pour l’année fiscale 2025

En valeur de production, le Japon, les États-Unis, la Chine et l’Australie ont représenté 82 % du total.

Part de chaque pays dans l’approvisionnement alimentaire du Japon (calculé en valeur) pour l’année fiscale 2025

Au Canada et en Australie, les taux d’autosuffisance alimentaire calculés sur la base de l’apport calorique dépassent largement 100 %. Ces deux pays disposent d’une population relativement faible et produisent d’importantes quantités de céréales et d’oléagineux. L’Italie, qui exporte de nombreux fruits et légumes à forte valeur marchande, affiche quant à elle un taux d’autosuffisance élevé lorsqu’il est calculé sur la base de la valeur de la production. Comparé à d’autres pays, le Japon conserve en revanche un faible niveau d’autosuffisance alimentaire, qu’il soit mesuré en calories ou en valeur de production.

Taux d’autosuffisance alimentaire par pays

Données utilisées

(Photo de titre © Pixta)

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