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La première poubelle réfrigérante au monde est née au Japon : adieu les odeurs nauséabondes

Technologie

Avec les grosses chaleurs de l’été, éviter les mauvaises odeurs venant des déchets domestiques devient un vrai calvaire. Au Japon, il existe maintenant une poubelle réfrigérante qui résout le problème « fraîchement » !

Fini les odeurs nauséabondes de sa poubelle

L’entreprise Nakanishi Kinzoku Kôgyô, basée à Osaka, a conçu la « Clean Box »,  première poubelle au monde à congeler les ordures à -11°C pour éviter les mauvaise odeurs. Les préventes sur commande ont déjà démarré.

Quand on jette des déchets de cuisine dans une poubelle ordinaire, la multiplication des bactéries provoque des effluves très vite nauséabondes.. La congélation des déchets par la Clean Box réduit les mauvaises odeurs à 1/26 000e de ce qu’elles seraient à température ambiante. Cette utilisation faciliterait énormément la gestion non seulement des déchets de cuisine, mais de couches souillées et d’alèses de propreté pour animaux.

On peut y mettre jusqu'à 30 couches jetables, et 6 sacs poubelle de taille moyenne, pour un volume de 20 litres en tout.
On peut y mettre jusqu’à 30 couches jetables, et 6 sacs poubelle de taille moyenne, pour un volume de 20 litres en tout.

Et l’utilisation de la Clean Box ne se limite pas aux ordures. On peut s’en servir pour rafraichir des serviettes ou des T-shirts, stocker des cosmétiques ou des films, et plein d’autres choses aussi !

Le développement de la Clean Box a commencé en août 2017 suite au commentaire d’un employé qui a raconté comment il congelait ses ordures ménagères jusqu’au jour de collecte. Et il s’est avéré qu’il n’était pas le seule à le faire. Mais de nombreuses personnes restent malgré tout réticentes à stocker les déchets de cuisine à côté des aliments, et c’est ceci qui a mené au développement d’une poubelle réfrigérée polyvalente.

Un premier lot de 100 poubelles a été mis sur le marché en 2019.

Une Clean Box de première génération
Une Clean Box de première génération

Par la suite, un nouveau modèle, avec plus de capacité, a été développé. Une cagnotte « crowd funding » avait récolté plus de 40 millions de yens (280 000 euros) en avril 2022.

Nouveau modèle à droite
Nouveau modèle à droite

Voici donc la nouvelle Clean Box, issue du crowd funding : 69 cm de hauteur sur 23 cm de largeur, et 44,3 cm de profondeur. La poubelle a une capacité de 20 litres et consomme 9,2 yens d’électricité par jour. Le prix de vente est de 48 180 yens (335 euros).

Éviter les fuites a été le plus gros challenge pendant la conception

Il était clair que la Clean Box serait très appréciée par les personnes qui ont des soucis de mauvaises odeurs de poubelle, particulièrement en été. Mais quelles ont été les difficultés à développer ce produit unique au monde ? Et peut-on s’en servir pour autre chose que les déchets ? Nous avons posé ces questions à Nagasaki Takashi, de NKC Business Design Center, qui faisait partie de l’équipe de développement de la Clean Box.

— À quel point vous êtes-vous inspirés des réfrigérateurs comme exemple ?

« Nous avons en fait commencé par réfléchir à ce qu’est un réfrigérateur, en l’analysant de fond en comble pour bien saisir la structure de base. »

— Qu’est-ce qui a été le plus dur dans le développement ?

« Plusieurs choses. Tout d’abord, il a été vraiment compliqué de trouver un partenaire externe qui était prêt à développer un réfrigérateur ou congélateur avec nous.

La technologie utilisée dans la fabrication de réfrigérateurs et congélateurs n’est pas nouvelle, mais les ingénieurs experts se trouvent tous au sein de fabricants spécialisés. Au final nous avons pu nous débrouiller grâce à des contacts divers, ce qui nous a permis de donner naissance à un produit qui tient la route.

Ensuite, il a fallu gérer les fuites potentielles pendant la phase de développement. Les réfrigérateurs sont normalement posés dans la cuisine ou au sol, sur une surface dure, et donc même s’il y a un peu de condensation, ce n’est pas problématique. Par contre, si l’appareil est posé sur du tapis, il peut y avoir des dégâts extrêmement coûteux... Il a donc fallu trouver une solution. Certes il n’y a pas de fuite d’eau s’il n’y pas de trous, mais sans trous, le compresseur ne peut être refroidi. Trouver la solution à ce problème a été notre plus gros casse-tête. »

— Avez-vous finalement pu mettre des trous ?

Il y a une petite différence entre le premier modèle et celui produit en série. Pour le premier modèle, nous avons intégré des trous de forme particulière autour des roulettes pour rendre la circulation d’air possible, et rajouté un récipient pour recueillir l’eau.

— Quels sont les éléments à retenir quand on passe du stockage de déchets à autre chose ?

« Forcément, on commence par un bon nettoyage. Vu la structure, il y aura toujours de la condensation à l’intérieur, et il est impossible de garantir que la condensation qui provient des déchets de cuisine ou de saletés est hygiénique. Il faut donc débrancher la machine, éliminer toute la condensation gelée et nettoyer soigneusement. »

— Le premier modèle proposait une température à -10°C, mais elle est désormais passée à -11°C. Quelle en est la raison ?

« En dessous de -10°, les couches sales ne sentent plus mauvais. Évidemment, plus la température est basse, plus les odeurs sont éliminées, mais ça consomme aussi plus d’électricité, et ça devient plus bruyant.

Avec tout ça en tête, nous avons choisi la température de -10°C pour le premier modèle, mais pour la deuxième génération, nous avons pris en compte les retours des acheteurs et avons réussi à développer un modèle sans ventilateur. Ceci a permis de réduire la consommation en électricité, tout en réduisant le bruit, et donc il a été possible de baisser la température d’un degré. »

— Et tout comme un réfrigérateur, fait-il du bruit pendant la nuit ?

« Oui. C’est le compresseur qui vibre, exactement comme un réfrigérateur. »

— Quels sont vos projets pour la Clean Box ?

« Pour l’instant, il n’y a aucun autre choix de poubelle réfrigérante que la nôtre et donc, il existe un énorme potentiel pour développer le marché. Il faudrait que l’on se dépêche et surtout que l’on arrive à atteindre un public plus large par les biais de la publicité. »

Pour ceux qui ne supportent pas les mauvaises odeurs chez eux jusqu’au jour de la collecte, voici donc une solution idéale pour régler le problème !

(Toutes les photos avec l’aimable permission de Nakanishi Kinzoku Kôgyô. D’après la diffusion sur Prime Online du 10 juin 2022)

https://www.fnn.jp/

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