JO-2020: vers un récital Simone Biles

Sport Tokyo 2020

L'Américaine Simone Biles lors de l'exercice au sol aux sélections US pour les JO de Tokyo, à Saint-Louis dans le Missouri, le 27 juin 2021. AFP
L’Américaine Simone Biles lors de l’exercice au sol aux sélections US pour les JO de Tokyo, à Saint-Louis dans le Missouri, le 27 juin 2021. AFP

Tokyo, Japon | AFP

par Déborah CLAUDE

Elle avait explosé à Rio avec quatre médailles d’or et une en bronze. Cinq ans plus tard, la superstar de la gym américaine Simone Biles est déjà donnée grande gagnante des JO de Tokyo tant elle surclasse ses rivales. 

Le spécialiste des anneaux Samir Aït Saïd, porte-drapeau de l’équipe de France, qui s’était spectaculairement brisé la jambe aux JO de Rio en 2016, veut lui conjurer sa malédiction olympique en ramenant une médaille du Japon.  

A 24 ans et pour sa deuxième participation à des Jeux, une rareté dans la discipline, Simone Biles peut tutoyer le record détenu par la Soviétique Larissa Latynina -- victorieuse à Tokyo en 1964 -- de 9 titres olympiques.   

La bombe Biles, figure de proue de l’équipe de gymnastique américaine bien partie pour conserver son titre, participera au concours général (équipe et individuel), et est favorite sur le sol et le saut où elle excelle. 

Pour battre le record de Latynina, le défi est néanmoins relevé car il lui faudrait réaliser un sans faute et rafler les six médailles d’or en jeu, notamment aux barres asymétriques qui ne sont pas son fort.  

Mais, après tout, Simone Biles est capable de tout. En couverture du Glamour américain, “The World’s Greatest”, en robes d’apparat, elle a d’ores et déjà gagné. 

Elle est la gymnaste la plus médaillée de l’histoire en championnat du monde avec 25 médailles dont 19 en or.  

“Pression sur les épaules”

L'Américaine Simone Biles lors de l'épreuve des barres asymétriques aux sélections US pour les JO de Tokyo, à Saint-Louis dans le Missouri, le 27 juin 2021. AFP
L’Américaine Simone Biles lors de l’épreuve des barres asymétriques aux sélections US pour les JO de Tokyo, à Saint-Louis dans le Missouri, le 27 juin 2021. AFP

“Maintenant, je n’ai plus rien à prouver à personne et c’est bien”, explique-t-elle dans un documentaire, qu’elle a aussi produit, diffusé récemment sur Facebook.  

Très attendue, elle aura “de la pression sur les épaules”, concède cependant son entraîneur, le Français Laurent Landi qui la coache depuis 2017 avec sa femme Cécile Landi. 

Tiendra-t-elle cette pression, elle dont le mental, entre son enfance difficile, les agressions sexuelles du médecin de l’équipe américaine Larry Nassar, et une vie de sportive de haut niveau, semble à toute épreuve ? 

Et surtout qui pour venir marcher sur les platebandes de la plus grande gymnaste de tous les temps, qui a déjà plusieurs figures baptisée de son nom? 

Bien sûr, il y a d’abord ses co-équipières, les Américaines Sunisa Lee ou Jordan Chiles. Bien sûr, il y a les Russes, comme Viktoria Listunova, tout juste 16 ans, brillante aux derniers championnats d’Europe, ou encore Angelina Melnikova, royale aux barres. 

Outsider aussi, la Française Mélanie De Jesus Dos Santos, sacrée championne d’Europe à la poutre en avril, quatrième titre européen, qui trépigne de monter sur un podium olympique, à 21 ans. 

Autre Française qui nourrit des ambitions, Marine Boyer, arrivée 4e à la poutre aux JO de Rio. 

Dans le centre de gymnastique d’Ariake, elles auront de solides adversaires: les jumelles britanniques Jennifer et Jessica Gadirova, les chinoises Zhang Jin, Lu Yufei, la Belge Nina Derwael, ou encore la Néerlandaise Sanne Wevers tenante du titre à la poutre. 

Samir Aït Said “affûté”

Le Français Samir Aït Saïd à l'entraînement, à Antibes, le 1er juin 2021. AFP
Le Français Samir Aït Saïd à l’entraînement, à Antibes, le 1er juin 2021. AFP

Chez les hommes, le Français Samir Aït Saïd se dit “affûté pour une belle bataille” aux anneaux, avec un nouveau mouvement. En face: le Grec Petrounias, champion olympique en titre, qualifié in extremis fin juin, ou encore le Chinois Liu Yang. 

Les Russes, la Chine et le Japon vont se bagarrer pour des premières places.

A domicile, et sans public, ce seront, vraisemblablement, les adieux olympiques du roi japonais de la gym, Kohei Uchimura, 32 ans. Il se contentera d’un tour à la barre fixe pour ses quatrièmes JO, après l’or à Londres et à Rio au concours général, et déjà 7 médailles olympiques. 

Pour lui succéder, le Russe Nikita Nagornyy, ainsi qu’Artur Dalaloyan tout juste remis d’une rupture au tendon d’Achille, sont sur les rangs. 

A ne pas manquer aussi, un autre phénomène, la gymnaste ouzbèke Oksana Chusovitina qui à 46 ans va participer à ses... huitièmes Jeux olympiques! 

dec/es/fbr/jde

© Agence France-Presse

Gymnastique Tokyo 2020 AFP