JO-2020: les cavaliers Bleus face à de nombreux obstacles

Sport Tokyo 2020

Pénélope Leprevost sur Vancouver de Lanlore lors de la 2e manche de la finale de la Coupe des nations Longines FEI, à Barcelone, le 6 octobre 2019. AFP
Pénélope Leprevost sur Vancouver de Lanlore lors de la 2e manche de la finale de la Coupe des nations Longines FEI, à Barcelone, le 6 octobre 2019. AFP

Tokyo, Japon | AFP

par Sabine COLPART

Revenue avec une riche moisson de trois médailles en 2016, l’équipe de France d’équitation se présente moins conquérante à Tokyo, alors que la relève tarde à se construire dans l’épreuve-reine, le saut d’obstacles, et que les nouveaux formats en vigueur perturbent le jeu. Mais elle a pour atout le concours complet.

Deux médailles d’or par équipes (saut d’obstacles et complet) et une médaille d’argent en individuel (Astier Nicolas en complet) avaient rendu euphoriques les cavaliers bleus et leurs montures à Rio. Cinq ans plus tard, la récolte ne devrait pas être aussi abondante.

“Il y a eu après Rio un changement générationnel, nous sommes en train de reconstruire, préparer Paris 2024 avec l’étape de Tokyo. On a des couples qui sont en train de grandir, malheureusement tendres pour les Jeux olympiques de Tokyo”, a souligné le sélectionneur du saut d’obstacles (CSO), Thierry Pomel. 

Des quatre cavaliers sacrés en 2016, seule Pénélope Leprevost a réussi à se présenter pour Tokyo avec un cheval capable de performer à ce niveau (Vancouver de Lanlore). 

Pour ses troisièmes JO, elle sera accompagnée de Nicolas Delmotte (Urvoso du Roch) et Mathieu Billot (Quel Filou 13), qui disputeront leurs premiers Jeux. Delmotte et son hongre de 13 ans ont fait sensation ces dernières semaines avec deux victoires lors de Grands Prix 5 étoiles (La Baule et Chantilly). Simon Delestre (Berlux Z) sera quant à lui réserviste.

Trois au lieu de quatre

Mathieu Billot sur Quel Filou 13 lors de la Coupe des nations Longines FEI, à La Baule, le 11 juin 2021. AFP
Mathieu Billot sur Quel Filou 13 lors de la Coupe des nations Longines FEI, à La Baule, le 11 juin 2021. AFP

Les Tricolores auront fort à faire lors du CSO - qui sera le clou des épreuves équestres (3 au 7 août) - face aux Suisses, emmenés par leur star Steve Guerdat (N.3 mondial) et Martin Fuchs (N.2 mondial) mais aussi face aux Belges revenus au plus haut niveau, et aux Américains, avec désormais dans leur rang Jessica Springsteen, la fille du ‘Boss’, le chanteur de rock Bruce Springsteen.

Tous inaugureront les changements de règles qui n’ont pas convaincu côté cavaliers et qui ont même irrité. Désormais, ce seront les scores des trois couples cavalier/cheval engagés qui seront pris en compte, dans les trois disciplines du seul sport complètement mixte. 

Auparavant, quatre couples pouvaient concourir et la moins bonne note n’était pas prise en compte (“dropped score”). 

“Notre sport connaît une croissance importante, il faut donner à plus de pays la possibilité de se qualifier pour les Jeux Olympiques. Réduire de quatre à trois nous a permis d’avoir beaucoup plus de drapeaux. Après Tokyo on va évaluer avec le CIO et voir si on peut encore améliorer mais je suis confiant, je pense qu’on a consolidé notre position dans le mouvement olympique”, avait argué auprès de l’AFP le président de la Fédération internationale (FEI), Ingmar de Voos. 

La compétition équestre débutera quelques heures avant la cérémonie d’ouverture, vendredi, avec le dressage (jusqu’au 28 juillet), où la France n’a “pas d’espoir de médaille” selon la DTN alors que l’équipe se construit pour Paris 2024 mais avec “l’objectif de courir les finales individuelles”. L’or semble promis à l’Allemande Isabelle Werth, la cavalière la plus médaillée des JO (six or).

Espoir de médaille en complet

Simon Delestre sur Hermès Ryan lors de la 2e manche de la finale de la Coupe des nations Longines FEI, à Barcelone, le 6 octobre 2019. AFP
Simon Delestre sur Hermès Ryan lors de la 2e manche de la finale de la Coupe des nations Longines FEI, à Barcelone, le 6 octobre 2019. AFP

Juste après le dressage, les chevaux mordront la poussière lors du concours complet (29 juillet-2 août), une sorte de triathlon équestre qui sied bien aux Tricolores.

“On a clairement un espoir de médailles et pourquoi pas individuelle, c’est la discipline où on est assez riche, il y a un grand travail de fond fait depuis des années contrairement au saut d’obstacles où on a oublié pour quelques années de construire la relève”, explique à l’AFP la DTN Sophie Dubourg.

“Il y a une culture importante de la performance et de la médaille (en complet), c’est très concentré, c’est l’ouest de la France, on a un pôle d’entraînement, on n’a pas la même économie, on a des athlètes qui se reposent pas mal sur tout ce qui est organisé par le staff fédéral”, développe-t-elle.

Les Français en lice seront Thomas Carlile (Birmane), Christopher Six (Totem de Brecey), et Nicolas Touzaint (Absolut Gold*HDC) et Karim Laghouag (Triton Fontaine). Ils devront briller face à la superstar, l’Allemand Michael Jung, triple champion olympique (2012 et 2016).

sc/fbr/fbx

© Agence France-Presse

Tokyo 2020 AFP