JO-2020/Basket: les Bleus mus par le souvenir de leur exploit au Mondial 2019 contre les USA

Sport Tokyo 2020

Tokyo, Japon | AFP

par Nicolas PRATVIEL

Le 11 septembre 2019, à Dongguan en Chine, l’équipe de France de basket réalisait un des plus grands exploits de son histoire, en battant pour la première fois les Etats-Unis en compétition officielle, en quart de finale de la Coupe du monde (89-79).

Après neuf défaites dans les tournois olympiques (1948, 1984, 2000 à deux reprises, 2012 et 2016) et Mondiaux (1950, 1954, 1963), les Bleus qui retrouvent les Etats-Unis dimanche (14h00 françaises) à Tokyo, tenaient enfin leur victoire, d’une tout autre valeur que les trois remportées en matches amicaux (en 1979, 1983 et 1986).

Certes cette formation américaine était une pâle déclinaison des “Dream Teams” passées, privée de ses plus grandes stars de la NBA qui avaient décidé de faire l’impasse. Mais elle n’était pas dépourvue de talents et cela faisait presque 14 ans et 58 matches que les USA n’avaient plus perdu en compétitions officielles.

La performance fut collective, car ces Français-là sont “des chiens”, avait exulté après-coup Evan Fournier, mais quatre joueurs ont été particulièrement prépondérants, dont trois, nul hasard, évoluaient - et évoluent toujours - en NBA.  

Evan Fournier avait montré la voie (22 pts), rappelant le scoreur qu’il sait être tous les soirs en saison régulière dans la ligue nord-américaine.

Et que dire de Rudy Gobert ultra-dominateur dans la raquette, faisant payer cher le manque d’adversité proposé à l’intérieur (21 pts, 16 rbds, 3 contres)? Très efficace offensivement, il avait aussi incarné les vertus défensives qui font partie de l’ADN des Bleus.

Preuve que l’époque où le géant Frédéric Weis se faisait écraser un dunk sur la tête en mondovision par Vince Carter, en match de groupe aux Jeux de Sydney en 2000, était bien révolue.

Et Fournier hurla

Cette victoire, la France l’a aussi due à Frank Ntilikina. Le meneur des Knicks avait su remettre l’équipe dans le bon sens en fin de 3e quart-temps et au tout début du 4e, en réussissant sept points d’affilée pour faire passer le score de 71-74 à 78-76.

Quant à Nando De Colo (18 pts), il fit preuve d’un grand sang froid sur la ligne en fin de rencontre pour tenir le résultat.

Le chemin vers l’exploit a aussi eu son tournant dans le couloir menant du vestiaire au parquet, juste avant le coup d’envoi, quand Fournier a galvanisé ses troupes de façon inattendue. 

Au lieu de prononcer son petit discours attendu au milieu de la mêlée formée par les Français, il s’est retourné vers l’équipe américaine qui se rassemblait non loin et a déversé sa rage dans un langage fleuri qui a interloqué tout le monde.

Vincent Collet comparera ce moment “au quart de finale de la Coupe du monde de rugby 2007, quand les joueurs du quinze de France avaient défié le haka néo-zélandais en venant coller leur nez à celui des All Blacks”. Là aussi avec la victoire au bout (20-18).

Fournier a assuré ne pas avoir prémédité ce coup de sang, qui eut le mérite d’envoyer un message clair à Team USA et surtout de libérer ses coéquipiers, Nicolas Batum assurant que cela les avait “décoincés, décontractés”.

“L’équipe dans sa façon d’aborder ce match avait à la fois de l’excitation, qui prévaut pour ce genre de match, et de la conviction. Celle qu’on pouvait beaucoup les gêner, même sans savoir où cela pouvait nous mener. Le fait d’avoir cette attitude assez conquérante, mais aussi la lucidité d’avoir une assez juste appréciation du rapport de force, a été déterminant”, résume Collet.

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