JO 2020 : les surfeurs Bleus posent une touche de fraîcheur sur les Jeux

Tokyo 2020 Sport

Tokyo, Japon | AFP 

par Sabine COLPART

Des figures puissantes et aériennes sublimées par les vagues, une ambiance plutôt détente liée à l’élément naturel envoûtant qu’est l’océan: le surf joue sa toute première partition olympique, dès dimanche à Tsurigasaki Beach (préfecture de Chiba), où les Bleus Johanne Defay et Jérémy Florès entendent bien entrer dans l’Histoire.

La Française Johanne Defay, lors de la compétition de surf du Roxy Pro France 2019, le 11 octobre 2019 à Capbreton (AFP).
La Française Johanne Defay, lors de la compétition de surf du Roxy Pro France 2019, le 11 octobre 2019 à Capbreton (AFP).

Le Français Jérémy Flores, lors des Isa World Surfing Games, le 6 juin 2021 sur la plage d'El Tunco, au Salvador (AFP).
Le Français Jérémy Flores, lors des Isa World Surfing Games, le 6 juin 2021 sur la plage d’El Tunco, au Salvador (AFP).

C’est à une centaine de kilomètres à l’extrême est de Tokyo que vingt surfeurs et vingt surfeuses parmi les meilleurs de la planète vont pour la première fois partir en quête d’une médaille olympique. 

Les mondes professionnel (circuit privé de la World Surf League) et amateur (Fédération internationale de surf) se sont entendus pour proposer du très beau spectacle en permettant à l’élite de participer aux JO de Tokyo - où la discipline est sport additionnel - en renonçant au principe d’un bassin artificiel pour privilégier un site naturel.

Dans les rangs, Johanne Defay, N.2 sur le circuit pro mondial (CT), fait office de favorite, forte de sa victoire lors de l’étape mondiale à Leemore (Californie) Surf Ranch en juin et de sa place de finaliste à Rottnest Island (Australie) en mai.

« Ca reste vraiment surréel, je suis super contente que ce soit arrivé à un mois des Jeux, j’ai enchaîné deux finales ce qui ne m’était jamais arrivé dans ma carrière, c’est encore une nouvelle étape », s’est réjoui auprès de l’AFP la Réunionnaise de 27 ans.

Defay et Florès prétendants

« Contente d’être arrivée sur place », au Japon, comme elle l’a expliqué en conférence de presse jeudi, Defay « rêve d’une médaille ». « On a tous envie d’écrire notre histoire », a-t-elle glissé, ajoutant que « tout le monde attend cette première expérience ».

« Ce que les gens vont découvrir, c’est que si on est autant “accro” c’est parce qu’on n’a jamais les mêmes conditions, on est toujours à la recherche de ces vagues parfaites. On a toujours ces grandes discussions avant la compétition: “alors t’as vu les forecast (prévisions météo)”», a raconté la surfeuse, impatiente.

Fiche informative sur le surf, qui fait son entrée aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 (AFP).
Fiche informative sur le surf, qui fait son entrée aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 (AFP).

La météo, c’est la donnée essentielle qui influera sur la longueur des épreuves. La compétition doit se dérouler sur quatre jours avec des duels lors des trois premiers tours — dont l’un consacré à des repêchages — et de la phase finale (quart, demies et finale). Mais si les vagues ne sont pas au rendez-vous, quatre jours supplémentaires sont au programme. Le champion et la championne olympiques seront sacrés au plus tard le 1er août.

Jérémy Florès, présent sur le circuit mondial depuis plusieurs années, peut prétendre à la victoire.

« C’est tout nouveau pour nous, ça va être une ambiance complètement différente, on n’a pas l’habitude de ce format aussi, ça va être une bonne expérience, on n’a jamais vraiment cru participer aux Jeux olympiques comme surfeur », souligne à l’AFP le Réunionnais de 33 ans, installé désormais à Tahiti et qui vit comme un bonus la fête olympique alors qu’il est sur la fin de sa carrière.

Le plus compliqué pour lui sera d’appréhender les vagues de Tsurigasaki Beach, d’ordinaire assez petites à cette période de l’année, ce qui implique pour le surfeur de générer de la puissance et de la vitesse pour exécuter ses figures.

Mais bonne nouvelle, un typhon au large des côtes doit engendrer de la houle dès dimanche.

De quoi ravir l’équipe de France, qui outre Defay et Florès, est composée de Michel Bourez, évoluant aussi sur le CT, et Pauline Ado.

Le Brésil en force

Le Brésilien Gabriel Medina s'entraîne à deux jours du début des compétitions de surf des Jeux Olympiques de Tokyo, le 23 juillet 2021 sur la plage de Tsurigasaki à Chiba (AFP).
Le Brésilien Gabriel Medina s’entraîne à deux jours du début des compétitions de surf des Jeux Olympiques de Tokyo, le 23 juillet 2021 sur la plage de Tsurigasaki à Chiba (AFP).

Les Bleus auront fort à faire avec les Brésiliens, qui déferlent sur le surf mondial depuis quelques années. Les trois premiers surfeurs au classement mondial viennent du Brésil; deux d’entre eux sont en lice à Tokyo : Gabriel Medina (actuel N.1) et Italo Ferreira (N.2).

Il faudra aussi compter sur les Américains Kolohe Andino et John John Florence, qui avaient ravi les deux tickets olympiques à la superstar de la discipline, Kelly Slater, onze fois champion du monde, et qui a dû faire une croix sur les JO.

Chez les dames, l’Hawaiienne Carissa Moore domine la scène, devant sa copine de jeu, Johanne Defay.

L'Américain John John Florence s'entraîne à deux jours du début des compétitions de surf des Jeux Olympiques de Tokyo, le 23 juillet 2021 sur la plage de Tsurigasaki (AFP).
L’Américain John John Florence s’entraîne à deux jours du début des compétitions de surf des Jeux Olympiques de Tokyo, le 23 juillet 2021 sur la plage de Tsurigasaki (AFP).

© Agence France-Presse

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