JO-2020: presque aussi beau que Rio pour les Bleus du concours complet

Sport Tokyo 2020

Le cavalier Nicolas Touzaint sur sa monture Absolut Gold aux Jeux de Tokyo, le 1er août 2021. AFP
Le cavalier Nicolas Touzaint sur sa monture Absolut Gold aux Jeux de Tokyo, le 1er août 2021. AFP

Tokyo, Japon | AFP

par Stanislas TOUCHOT

La médaille était d’or à Rio en 2016 et elle n’est que de bronze à Tokyo, mais elle a la même saveur pour l’équipe de France de concours complet, qui a dû surmonter une avalanche de problèmes pour monter à nouveau lundi sur le podium olympique.

“On était venus pour une médaille et c’est un grand soulagement”, a reconnu Christopher Six, parfait sur Totem de Brecey pour confirmer la troisième place des Bleus, menacée toute la journée par le retour des Allemands et l’ambition des Néo-Zélandais.

Avec Nicolas Touzaint (Absolut Gold), champion olympique par équipes en 2004, et Karim Laghouag (Triton Fontaine), sacré à Rio, il aurait même aimé pouvoir aller chatouiller les Australiens, finalement solides deuxièmes, derrière les intouchables Britanniques.

Mais si tout a bien fonctionné pendant la compétition, ça n’a pas été le cas avant, et c’est sans doute pour ça que Michel Asseray, DTN adjoint en charge du concours complet, estimait que le bronze de Tokyo avait été “plus dur à aller chercher que l’or de Rio”.

Car juste avant les Jeux, les Bleus ont perdu leurs leaders Astier Nicolas et Thibaut Vallette, deux des trois médaillés d’or de Rio, obligés de renoncer du fait de problèmes physiques chez leurs chevaux.

“Très dur”

Et une fois arrivés au Japon, à quelques jours seulement du début de l’épreuve, c’est Thomas Carlile qui a à son tour été contraint de renoncer, son cheval Birmane souffrant d’une pathologie musculaire.

C’est donc sans remplaçant et avec le retour de dernière minute de Karim Laghouag, le troisième membre de l’équipe sacrée à Rio, que les Bleus se sont lancés dans le triptyque dressage-cross-saut d’obstacles, conclu lundi au parc équestre de Tokyo sur un parcours où les obstacles figuraient des symboles du Japon, les cerisiers en fleurs, les éventails, les jardins japonais ou la vague d’Hokusai.

“Ces forfaits, ça a été très dur. Il y a beaucoup d’affectif. On voit partir des cavaliers, c’est difficile. Mais il faut rebondir”, a expliqué Thierry Touzaint, l’oncle de Nicolas et entraîneur de l’équipe.

Sans filet de sécurité, les Français ont su rester sereins après le dressage, conclu à la 9e place, un peu plus loin qu’imaginé. “Mais on avait misé sur le cross et les obstacles. On savait qu’on n’était pas si loin aux points et qu’on avait de bons sauteurs”, a rappelé Michel Asseray.

Le Français Karim Florent Laghouag sur Triton Fontaine franchit un 1er août 2021. AFP
Le Français Karim Florent Laghouag sur Triton Fontaine franchit un 1er août 2021. AFP

La remontada

La suite lui a donné raison, avec un excellent cross et un saut d’obstacles où les trois Français ont été selon lui “très solides”, même si Laghouag a commis une faute.

“Il fallait choisir entre six et sept foulées. Tout le monde m’a dit +Six, six!+ Mais moi je sentais sept alors j’ai fait sept. Bon, c’est raté...”, rigolait le coupable déjà pardonné.

“Je suis hyper content, comme un gamin dans un magasin de jouets. Il y a eu cette hécatombe et moi je suis comme le lapin sorti du chapeau”, souriait Laghouag, heureux de cette inattendue deuxième médaille olympique.

Il n’y en a pas en revanche en individuel, à l’issue d’un dernier parcours de saut d’obstacles, où Touzaint (6e), Six (7e) et Laghouag (12e) ont réussi un beau tir groupé, à bonne distance toutefois de l’Allemande Julia Krajewski, sacrée devant le Britannique Tom McEwen et l’Australien Andrew Hoy.

Mais peu importe, la médaille du collectif fait parfaitement l’affaire.

“Bien sûr, l’or, c’était de la folie, reconnaissait Thierry Touzaint. Mais il n’y a que trois médailles et on ne voulait pas rentrer bredouilles. Et puis on a parlé de remontada, après le dressage, mais la remontada elle peut aussi s’arrêter à la 5e place...Alors le bronze, on prend!”

stt/jr/tba

© Agence France-Presse

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