JO-2020: le rêve en or des basketteurs français continue

Sport Tokyo 2020

Le Français Nando De Colo monte au panier malgré la défense de Danilo Gallinari lors de la victoire sur l'Italie à Saitama, le 3 août 2021. AFP
Le Français Nando De Colo monte au panier malgré la défense de Danilo Gallinari lors de la victoire sur l’Italie à Saitama, le 3 août 2021. AFP

Saitama, Japon | AFP

par Nicolas PRATVIEL

Ce n’était pas forcément la “Grande Bellezza”, mais la “Dolce Vita” continue: les basketteurs français ont bataillé pour écarter l’Italie (84-75) de leur route vers les demi-finales et s’offrir deux chances de médaille olympique aux Jeux de Tokyo, mardi à Saitama.
Quand on a Nicolas “Batman” Batum et Rudy “Gobzilla” Gobert à plein régime dans son équipe, il est permis d’envisager une issue favorable, surtout avec Evan Fournier pour assurer le rendement offensif (21 pts). Pourtant que cette victoire fut dure à remporter pour aller dans le dernier carré !

“Les Jeux c’est la plus belle des compétitions en basket. Être dans le dernier carré, quand on connaît la concurrence mondiale, il y a de quoi être content”, s’est néanmoins félicité le sélectionneur Vincent Collet.

Le parcours des Français, animé d’une force tranquille et parfait jusque-là, se poursuit donc après trois victoires en phase de groupe, notamment celle retentissante contre les États-Unis, qui leur avait offert une première place synonyme de tirage au sort favorable. Elle leur a évité de croiser l’Espagne, leur bourreau des deux derniers Jeux au même stade, sorti du tournoi juste avant par... Team USA.

Astéroïdes slovènes en vue

Cet alignement favorable des planètes va devoir désormais traverser la pluie d’astéroïdes slovènes, qui promet de nombreuses turbulences avec l’astre Luka Doncic, dès jeudi (20h00 locales, 13h00 françaises). Surtout si les Bleus commettent autant de pertes de balle en attaque (20).

Mais ils ont confirmé qu’ils étaient bien armés pour naviguer malgré des vents contraires, face à une Italie qualifiée par Collet de “dangereuse en tant qu’invitée de dernière heure”, après sa victoire dans le tournoi de qualification en Serbie.

Cela s’est confirmé sur le parquet de la Super Arena, alors que les Français pensaient avoir fait le plus dur au troisième quart-temps, durant lequel ils se sont échappés au score, leur avance culminant à 14 points.

Durant ces minutes d’un grosse intensité, Batum a été un capitaine montrant l’exemple en défense, contrant et interceptant à tout-va. Il a fini avec 14 rebonds, 3 interceptions, 2 contres et... 15 points, dont un panier qui a relancé la machine bleue en fin de 4e quart-temps, avant une banderille bienvenue derrière l’arc de Timothé Luwawu-Cabarrot (5 pts).

Le prodige de la Slovénie Luka Doncic prend un rebond contre l'Espagne dans le groupe C du tournoi de basket des JO de Tokyo à Saitama, le 1er août 2021. AFP
Le prodige de la Slovénie Luka Doncic prend un rebond contre l’Espagne dans le groupe C du tournoi de basket des JO de Tokyo à Saitama, le 1er août 2021. AFP

Gobert à 360°

Concédant qu'“en 13 ans passés en Bleu, ce match était celui où la pression était la plus forte” - même comparé à la finale de l’Euro-2013 remportée en Slovénie - “car il y avait des fantômes à chasser après les deux quarts perdus” aux derniers JO, surtout à Rio où il était passé au travers, Batum voulait mordicus “faire quelque chose de différent”.

“Mais je n’ai rien fait d’exceptionnel, j’ai juste été moi, plus, plus”, a-t-il tempéré, aussitôt contredit par Collet, usant du même adjectif, pour saluer sa performance le jour de sa prolongation aux Los Angeles Clippers.

L’autre homme fort a été Rudy Gobert, enfin au niveau qu’on attend de lui, dominateur dans la raquette, dissuasif en défense, déterminé en attaque. Le pivot a fini meilleur marqueur (22 pts à 10/13, 9 rbds) après un ultime dunk à 360 degrés (!) pour clore la marque. 

Les sourires étaient enfin de rigueur, alors que ce dernier quart-temps avait pourtant vu les Italiens revenir à hauteur (66-66), dans le sillage de Simone Fontecchio (23 pts). Justement parce que la défense s’est momentanément relâchée et que les offensives n’ont pas été létales.

Des leçons à retenir, si la génération Batum/Fournier/Gobert veut à son tour goûter à une finale olympique, 21 ans après celle perdue par Antoine Rigaudeau, Laurent Sciarra and co à Sydney, face aux États-Unis. 

Car la Slovénie, elle, ne pardonnera pas.

Le dunk 360° de Rudy Gobert contre l'Italie à Saitama repris en combo phot, le 3 août 2021. AFP
Le dunk 360° de Rudy Gobert contre l’Italie à Saitama repris en combo phot, le 3 août 2021. AFP

Le dunk à 360° de Rudy Gobert contre l'Italie en quart de finale des Jeux de Tokyo à Saitama, le 3 août 2021. AFP
Le dunk à 360° de Rudy Gobert contre l’Italie en quart de finale des Jeux de Tokyo à Saitama, le 3 août 2021. AFP

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