JO-2020: les Bleus vont ouvrir leur boîte à malice pour y trouver de l’or du volley

Sport Tokyo 2020

Les joueurs de l'équipe de France explosent de joie après leur qualification pour la finale de volley des Jeux de Tokyo, le 5 août 2021. AFP
Les joueurs de l’équipe de France explosent de joie après leur qualification pour la finale de volley des Jeux de Tokyo, le 5 août 2021. AFP

Tokyo, Japon | AFP

par François BONTOUX

Moins costauds mais plus coquins, les volleyeurs français vont ouvrir grand leur boîte à malice, samedi à Tokyo en finale des Jeux olympiques, pour agacer les géants russes avec leurs feintes et leurs défenses et décrocher la plus belle des médailles.

Les Bleus ne le cachent pas: ce sont les Russes, concourant sous drapeau neutre, qui sont les favoris de cette opposition de style. “Archi favoris même, et ça nous arrange bien!”, dit le passeur Antoine Brizard, à l’aise dans le maillot d’outsider. 

Mais la bande à Earvin Ngapeth sait que ces adversaires ne sont pas inébranlables. Pas tellement parce que les Français les ont battus (3-1) il y a huit jours dans un match de poule crucial pour eux, mais sans gros enjeu pour leurs rivaux. 

Plutôt parce que les Russes, injouables lorsque leurs serveurs envoient du plomb, sont aussi notoirement fantasques et irréguliers. En témoignent leurs résultats en dents de scie ces dernières années.

Au cours de l’olympiade écoulée, on note un seul podium dans les tournois majeurs - le titre européen en 2017 - mais aussi quelques gros ratés, comme la sixième place au Mondial-2018 et la cinquième au dernier Euro en 2019 après une défaite surprise contre la Slovénie.

Le Français Earvin Ngapeth au smash et le Russe Maxim Mikhaylov, opposés en match de poule le 30 juillet 2021 à Tokyo, vont se retrouver en finale. AFP
Le Français Earvin Ngapeth au smash et le Russe Maxim Mikhaylov, opposés en match de poule le 30 juillet 2021 à Tokyo, vont se retrouver en finale. AFP

La dernière de Laurent Tillie

Contre ces Russes avec lesquels seul le pointu Jean Patry peut rivaliser en puissance, la solution sera “tout l’inverse: jouer notre jeu et être nous-mêmes”, résume Brizard. “Défendre, être patient à l’attaque et soutenir (remonter le ballon après un contre adverse), tout ce qui les énerve”, résume le passeur, qui adore défier les lois de Newton avec Jenia Grebennikov et Earvin Ngapeth pour faire vivre le ballon. “Je les connais, ça les rend fous, ils ne savent pas faire”, explique le Poitevin, expert du volley russe puisqu’il joue à Saint-Pétersbourg.

Du reste, tous ces joueurs se connaissent parfaitement - pour s’affronter tous les ans en Ligue mondiale et dans leurs clubs respectifs - et se fréquentent parfois depuis très longtemps. On reconnaîtra ainsi sur le banc d’en face le sélectionneur des Russes, le Finlandais Tuomas Sammelvuo, qui fut champion de France en 1999, sous les applaudissements d’un bambin de huit ans nommé... Earvin Ngapeth, dont le père Éric était alors l’entraîneur du Stade poitevin.

Au chapitre de l’expérience, pas d’avantage significatif non plus car, des Russes champions olympiques en 2012 à Londres, un seul est encore présent à Tokyo: l’attaquant Maxim Mikhailov, toujours une des pièces maîtresses de l’équipe.

Cette finale sera le dernier match sur le banc du sélectionneur Laurent Tillie, neuf ans après sa prise de fonction. Les Bleus venaient alors d’échouer à se qualifier pour les Jeux de Londres. On mesure le chemin parcouru.

Le sélectionneur de l'équipe de France de volley Laurent Tillie contre l'Argentine en match de poule, le 28 juillet 2021 à Tokyo 2020. AFP
Le sélectionneur de l’équipe de France de volley Laurent Tillie contre l’Argentine en match de poule, le 28 juillet 2021 à Tokyo 2020. AFP

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