JO-2020 - Athlétisme: Allyson Felix, numéro 10 de l’histoire olympique

Sport Tokyo 2020

L'Américaine Allyson Felix, médaillée de bronze au 400 m, le 6 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP
L’Américaine Allyson Felix, médaillée de bronze au 400 m, le 6 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP

Tokyo, Japon | AFP

par Robin GREMMEL

L’Américaine Allyson Felix est entrée un peu plus dans les livres d’histoire en décrochant une 10e médaille olympique record vendredi à Tokyo, le bronze du 400 m, à distance de la gagnante, la Bahaméenne Shaunae Miller-Uibo.

Les délégations de tous pays, les journalistes, les officiels... tout le monde a crié sa joie au passage de l’Américaine sur la ligne, troisième au bout du suspense. Oui, tout le monde aime Allyson Felix.

Au moment où l’athlétisme américain vilipende ses sprinteurs et particulièrement son relais 4x100 m piteusement éliminé en séries jeudi, Allyson Felix (35 ans) diffuse un vent de sérénité dans les travées du stade olympique.

La Californienne possède ce charisme rare qui l’élève au dessus du tartan et des débats très terriens de son sport, les chaussures magiques, la piste rapide, les soupçons de dopage.

Les amoureux du beau geste pourraient disséquer sa foulée pendant des heures (la plus pure?), les statisticiens fous débattre de sa place dans l’histoire. Sa principale réussite est d’avoir utilisé sa renommée pour parler de sujets plus importants.

Après avoir donné naissance en 2018 à sa fille Camryn, grande prématurée, elle s’est battue contre les coupes financières injustes opérées par son ancien équipementier Nike qui la jugeait finie et s’est imposée en emblème des mères sportives.

“Ca va être une longue bataille. J’estime que les mères méritent autant de soutien financier que les autres, il y a encore du travail. J’espère avoir attiré l’attention sur ce genre de choses”, a-t-elle expliqué après la course.

-  Elle rejoint Lewis -

Pour les chiffres, elle devient la seule athlète féminine à décrocher une 10e médaille aux Jeux olympiques. Elle rejoint la légende Carl Lewis et ne reste devancée que par le Finlandais Paavo Nurmi (12 médailles).

“Félicitations Allyson Felix. Personne n’a jamais aussi bien porté ses 35 ans. Quelle carrière incroyable et quelle source d’inspiration”, a salué Lewis sur Twitter.

La Californienne aura l’occasion de gagner une 11e médaille dans le relais 4x400 m samedi, si Team USA décide de l’aligner, possiblement aux côtés de sa partenaire d’entraînement Sydney McLaughlin, nouvelle reine du 400 m haies depuis mercredi.

“Je ne suis pas à tout prix à la recherche de plus de médailles, mon plus grand challenge a été de revenir. Plus tôt dans la journée j’ai regardé de nouveau des vidéos tournées lorsque j’étais à l’hôpital avec Camryn (sa fille née grande prématurée en 2018), ces moments très difficiles, j’ai puisé là-dedans”, a dit Felix.

L’Américaine n’a pas pu lutter contre Shaunae Miller-Uibo, intouchable en 48 sec 36, le 10e meilleur chrono de l’histoire.

La Bahaméenne n’a pas eu besoin d’un plongeon fou sur la ligne comme il y a cinq ans à Rio pour se parer d’or, ses longs cheveux teints d’un rose pétant, après avoir choisi le bleu pour les séries et un mélange rouge et jaune pour la finale du 200 m mardi, où elle s’était ratée (8e).

A 27 ans, cette athlète polyvalente au palmarès énorme (trois médailles mondiales en plus) avait indiqué envisager un passage sur les épreuves combinées, sûrement inspirée par son mari estonien Maicel Uibo, 15e jeudi du décathlon.

Le relais 4x100 m femmes a été remporté par la Jamaïque pour un retentissant triplé 100-200-4x100 m d’Elaine Thompson-Herah, première femme à réussir un tel exploit depuis l’Américaine Florence Griffith-Joyner en 1988 à Séoul. Les Bleues ont fini 7e.

La Bahaméenne Shaunae Miller-Uibo, championne olympique du 400 m, le 6 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP
La Bahaméenne Shaunae Miller-Uibo, championne olympique du 400 m, le 6 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP

La joie des Jamaîcaines Shericka Jackson, Briana Williams, Shelly-Ann Fraser-Pryce et Elaine Thompson-Herah, championnes olympiques du 4x100 m, le 6 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP
La joie des Jamaîcaines Shericka Jackson, Briana Williams, Shelly-Ann Fraser-Pryce et Elaine Thompson-Herah, championnes olympiques du 4x100 m, le 6 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP

Triomphe italien en relais

L’Italie a créé la surprise avec un premier titre sur le relais 4x100 m hommes, propulsé par l’inattendu champion olympique de la ligne droite Lamont Marcell Jacobs, avec un finish dévastateur de Filipo Tortu pour devancer sur le fil la Grande-Bretagne et le Canada.

La Néerlandaise Sifan Hassan a elle échoué dans sa folle tentative de triplé sur fond et demi-fond: après le titre sur 5.000 m, elle a manqué de jus dans la dernière ligne droite du 1.500 m, laissant filer la tenante du titre kényane Faith Kipyegon et la Britannique Laura Muir.

Elle foulera de nouveau la piste du stade olympique samedi pour la dernière soirée d’athlétisme et le 10.000.

Le recordman du monde ougandais Joshua Cheptegei a décroché son premier or aux JO sur 5.000 m. Le Français Jimmy Gressier a pris la 13e place.

L'Italien Filippo Tortu coiffe sur le fil le Britannique Nethaneel Mitchell-Blake et remporte le relais 4x100 m avec ses 3 coéquipiers, le 6 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP
L’Italien Filippo Tortu coiffe sur le fil le Britannique Nethaneel Mitchell-Blake et remporte le relais 4x100 m avec ses 3 coéquipiers, le 6 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP

La joie de la Kényane Faith Kipyegon, championne olympique du 1500 m devant la Britannique Laura Muir et la Néerlandaise Sifan Hassan, le 6 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP
La joie de la Kényane Faith Kipyegon, championne olympique du 1500 m devant la Britannique Laura Muir et la Néerlandaise Sifan Hassan, le 6 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP

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