JO-2020/Marathon: doublé kényan, mais Jepchirchir surprend Kosgei à Sapporo

Sport Tokyo 2020

La Kényane Peres Jepchirchir passe la ligne d'arrivée du marathon des Jeux olympiques de Tokyo le 7 août 2021 à Sapporo. AFP
La Kényane Peres Jepchirchir passe la ligne d’arrivée du marathon des Jeux olympiques de Tokyo le 7 août 2021 à Sapporo. AFP

Sapporo, Japon | AFP

par Elodie SOINARD

Doublé kényan, mais ordre inattendu au bout du marathon féminin: Peres Jepchirchir a été sacrée championne olympique devant Brigid Kosgei, détentrice du record du monde et favorite, samedi matin à Sapporo, à un millier de kilomètres au nord de Tokyo.

Jepchirchir, 27 ans et qui a donné naissance à une petite fille à l’automne 2017, s’est imposée en 2 h 27 min 20 sec, avec 16 secondes d’avance sur Kosgei, elle mère de jumeaux de huit ans, et 26 sec sur l’Américaine Molly Seidel, médaillée de bronze. 

Délocalisé à Sapporo, sur décision du CIO à l’automne 2019, comme les quatre autres courses sur route à la recherche de conditions météo plus clémentes, mais finalement comparables à celles de la capitale japonaise, le marathon féminin a été avancé d’une heure à la dernière minute et s’est élancé dès 06h00 du matin.

Le départ a été donné sous 25 degrés et 84% d’humidité. Deux heures plus tard, à huit heures, il faisait déjà 29 degrés pour 69% d’humidité.

“Il faisait tellement chaud, ce n’était pas facile. Je suis juste soulagée d’avoir réussi à m’en sortir dans ces conditions”, apprécie Jepchirchir, reconnaissable à son style atypique, penché en avant et balancé d’un côté sur l’autre.

La première surprise de la course est venue de la défaillance de la troisième Kényane engagée, la championne du monde en titre Ruth Chepngetich, lâchée du groupe de tête d’une dizaine de coureuses peu avant le passage du trentième kilomètre, et qui a abandonné.

“Buvez une bière pour moi !”

Puis deux accélérations portées par le duo kényan au 34e kilomètre, puis au 38e ont resserré ce groupe, d’abord à cinq coureuses (avec Seidel, Salpeter et Chumba), puis à deux seulement, Jepchirchir et Kosgei. Et la première a déposé la seconde autour du 40e kilomètre.

“J’ai accéléré et (quand l’écart s’est fait) je me suis dit: +Waouh, je vais le faire, je vais gagner !+”, raconte Jepchirchir.

Kosgei, détentrice du record du monde en 2h 14 min 04 sec depuis 2019 (le précédent avait été établi par Paula Radcliffe seize ans plus tôt), quatre ans après son tout premier marathon, avait pourtant remporté les quatre précédents marathons qu’elle avait courus, à Chicago en 2018 et 2019, et à Londres en 2019 et 2020.

Seidel (27 ans), qui a été celle qui a offert la plus belle résistance au duo kényan, a fait monter les Etats-Unis sur le podium olympique du marathon féminin pour la première fois depuis dix-sept ans (Deena Kastor en bronze en 2004), la troisième seulement depuis l’introduction de l’épreuve au programme des Jeux il y a 37 ans (Joan Benoit en or en 1984).

“Je n’arrive pas à y croire... Buvez une bière pour moi !”, a-t-elle lancé à ses proches joints par un appel vidéo en zone mixte.

La seule Française engagée, Susan Jeptooo, s’est classée 38e en 2h 36 min 29 sec.

Le podium du marathon féminin des Jeux olympiques de Tokyo, qui a vu la Kényane Peres Jepchirchir l'emporter devant sa compatriote Brigid Kosgei et l'Américaine Molly Seidel le 7 août 2021 à Sapporo. AFP
Le podium du marathon féminin des Jeux olympiques de Tokyo, qui a vu la Kényane Peres Jepchirchir l’emporter devant sa compatriote Brigid Kosgei et l’Américaine Molly Seidel le 7 août 2021 à Sapporo. AFP

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