JO-2020 - Athlétisme: le sacre de la “Dream Team” US

Sport Tokyo 2020

La joie des Américaines Sydney Mclaughlin, Allyson Felix, Dalilah Muhammad et Athing Mu, championnes olympiques du relais 4x400m, le 7 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP
La joie des Américaines Sydney Mclaughlin, Allyson Felix, Dalilah Muhammad et Athing Mu, championnes olympiques du relais 4x400m, le 7 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP

Tokyo, Japon | AFP

par Keyvan NARAGHI

Comme dans un rêve. La “Dream Team” américaine (Sydney McLaughlin, Allyson Felix, Dalilah Muhammad, Athing Mu) a survolé samedi le relais 4x400 m féminin des Jeux olympiques de Tokyo, où Felix a conforté un peu plus sa place dans la légende de l’athlétisme avec le 11e podium de son immense carrière.

Pour la dernière session au stade olympique avant la clôture des JO, les Etats-Unis ont sorti l’artillerie lourde pour ne pas connaître de mauvaises surprises après avoir mordu la poussière sur les relais 4x100 m hommes et dames.

En alignant McLaughlin, détentrice du record du monde du 400 m haies, l’icône Felix, Muhammad, championne olympique sur les haies basses en 2016 puis 2e cette année, et enfin Mu, sacrée sur 800 au Japon, ils n’avaient de toutes façons pas grand chose à craindre. Leur démonstration de force a été à la hauteur de ce casting quatre étoiles.

Victorieuse en 3 min 16 sec 85, l’armada US n’a laissé aucune chance à ses adversaires, signant le 5e chrono de l’histoire et le plus rapide depuis 1993. Quant à Felix, elle a confirmé son statut de reine des Jeux, au lendemain de sa 3e place sur 400 m. Athlète féminine la plus médaillée aux JO, la Californienne dépasse un autre monument, Carl Lewis, et se positionne à 35 ans juste derrière le Finlandais Paavo Nurmi (12 médailles entre 1920 et 1928) dans les annales de la discipline.

“J’ai attaqué ce relais en paix avec moi-même, en voulant juste tout donner, a-t-elle expliqué. Cette équipe était vraiment spéciale, parce que nous ne sommes pas toutes des coureuses de 400 m. C’était cool de refermer avec elles le chapitre de ma carrière aux Jeux. C’était incroyable. J’ai adoré ça.”

Cerise sur le gâteau, les Américains ont aussi raflé le relais 4x400 m hommes (Michael Cherry, Michael Norman, Bryce Deadmon, Rai Benjamin) en 2 min 55 sec 70. Une petite revanche alors que les hommes n’ont gagné aucune course individuellement à Tokyo.

C’est également un énorme exploit qu’ont réalisé Sifan Hassan (10.000 m) et Jakob Ingebrigtsen (1500 m). A défaut d’un triplé insensé sur 1500 m-5000 m-10.000 m, Hassan (28 ans) repart tout de même des Jeux avec ses deux premiers titres olympiques.

L'Américaine Allyson Felix, lors du relais 4x400m, le 7 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP
L’Américaine Allyson Felix, lors du relais 4x400m, le 7 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP

Les Américains Michael Norman, Michael Cherry, Rai Benjamin et Bryce Deadmon, champions olympiques du relais 4x400 m, le 7 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 celebrate after winning the men's 4x400m relay final during the Tokyo 2020 Olympic Games at the Olympic Stadium in Tokyo on August 7, 2021. AFP
Les Américains Michael Norman, Michael Cherry, Rai Benjamin et Bryce Deadmon, champions olympiques du relais 4x400 m, le 7 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 celebrate after winning the men’s 4x400m relay final during the Tokyo 2020 Olympic Games at the Olympic Stadium in Tokyo on August 7, 2021. AFP

L’avènement d’Ingebrigtsen

Au terme d’une course éprouvante, la Néerlandaise, vainqueur du 5000 m lundi et 3e du 1500 m vendredi, s’est payée le luxe d’écœurer sur 10.000 m (29 min 55 sec 32) l’Ethiopienne Letesenbet Gidey (3e), qui lui avait chipé en juin le record du monde de la distance (29 min 01 sec 03) et a mené un rythme d’enfer à partir du 3e km.

Hassan n’est pourtant pas sortie totalement indemne du programme infernal (6 épreuves) qu’elle s’est imposée pendant ces Jeux. Dans la chaleur étouffante de la capitale nipponne, avec un taux d’humidité frôlant les 90%, elle a fini la course totalement exténuée, s’écroulant sur la piste à l’arrivée et mettant très longtemps avant de se relever, aidée de petits sacs de glaçons sur le visage et sur le corps pour se rafraîchir.

Quant à Jakob Ingebrigtsen, il a frappé un très grand coup en s’adjugeant un premier succès olympique sur 1500 m en dominant le champion du monde Timothy Cheruiyot avec à la clé le record d’Europe (3 min 28 sec 32). 

Le prodige norvégien (20 ans), qui s’était révélé en 2018 avec un doublé 1500 m-5000 m à l’Euro à Berlin à seulement 17 ans, avait décidé de se concentrer exclusivement sur le 1500 m, malgré une victoire probante sur 5000 m face au futur médaillé d’or olympique et recordman du monde, l’Ougandais Joshua Cheptegei, en juin à Florence en Ligue de diamant. Son choix s’est avéré judicieux.

Bien calé derrière Cheruiyot, le cadet de la fratrie Ingebrigtsen a accéléré à 150 m de la ligne pour laisser le Kényan sur place et s’emparer de la médaille d’or.

“C’est la plus grande chose que vous puissiez accomplir en tant qu’athlète, c’est incroyable. Je suis vraiment fier et heureux.C’est aussi pour ma famille et mes frères, je ne serais pas à ce niveau sans eux. C’est aussi leur exploit”, a déclaré le Norvégien.

La soirée a aussi été marquée par une sensation au javelot où le grandissime favori Johannes Vetter, 2e performeur de l’histoire, a échoué à la 9e place d’un concours remporté par Neeraj Chopra (87,58 m), premier Indien champion olympique d’athlétisme.

La fondeuse néerlandaise Sifan Hassan s'impose sur 10.000 m aux Jeux de Tokyo, le 7 août 2021. AFP
La fondeuse néerlandaise Sifan Hassan s’impose sur 10.000 m aux Jeux de Tokyo, le 7 août 2021. AFP

Le Norvégien Jakob Ingebrigtsen, champion olympique du 1500 m, le 7 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP
Le Norvégien Jakob Ingebrigtsen, champion olympique du 1500 m, le 7 août 2021 aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. AFP

L'Indien Neeraj Chopra, champion olympique au javelot, le 7 août 2021 aux Jeux de Tokyo 2020. AFP
L’Indien Neeraj Chopra, champion olympique au javelot, le 7 août 2021 aux Jeux de Tokyo 2020. AFP

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