J0-2020: les Kenny, une famille (douze fois) en or

Sport Tokyo 2020

Jason Kenny impérial dans l'épreuve de keirin des Jeux de Tokyo, le 8 août 2021 au vélodrome d'Izu. AFP
Jason Kenny impérial dans l’épreuve de keirin des Jeux de Tokyo, le 8 août 2021 au vélodrome d’Izu. AFP

Izu, Japon | AFP

par Christophe BEAUDUFE

Douze médailles d’or olympiques à eux deux! Laura et Jason Kenny, femme et mari dans la vie, sont le couple le plus doré du cyclisme mondial après la victoire de Jason dimanche en keirin aux Jeux de Tokyo.

Les Français ont terminé cette semaine de la piste sans nouvelle médaille, Rayan Helal éliminé en demi-finale du keirin et Clara Copponi 8e de l’omnium.

À 33 ans, Jason a conservé son titre acquis à Rio en 2016 en devançant le Malaisien Mohd Azizulhasni Awang et le Néerlandais Harrie Lavreysen. La veille, Laura avait décroché l’or de l’américaine, associée à Katie Archibald.

“On l’a fait!”, a-t-il dit, après avoir versé quelques larmes pendant son tour d’honneur sur le vélo.

“À vrai dire je m’attendais à ce que ce soit Laura qui rapporte la 12e médaille, mais elle a chuté”, a-t-il dit, peu avant que son épouse ne prenne la 6e place de l’omnium, après avoir été embarquée dans une impressionnante chute collective.Leur fils Albert Louie, âgé de trois ans, a peut-être ressenti l’éloignement pendant deux semaines, mais il apprendra un jour que ses parents ont écrit l’histoire du sport.

La Britannique Laura Kenny dispute l'épreuve de l'omnium des Jeux de Tokyo à Izu, le 8 août 2021. AFP
La Britannique Laura Kenny dispute l’épreuve de l’omnium des Jeux de Tokyo à Izu, le 8 août 2021. AFP

“Un coup de dés”

Car son père est désormais le pistard le plus médaillé de l’histoire, avec neuf médailles au total (deux en argent en plus des sept en or), glanées lors de quatre olympiades successives.

“J’ai eu la chance d’arriver dans le cyclisme britannique à un moment où on y injectait beaucoup d’argent” en prévision des Jeux de Londres, dit-il humblement, “je dois mes succès au fait d’avoir été au bon moment au bon endroit”.

En finale du keirin, il a pris tout le monde par surprise en s’extirpant du groupe dans l’avant-dernier tour. “Une opportunité énorme s’est ouverte, et sans doute parce que les autres ne me considéraient pas comme un favori, j’ai pu la saisir”, a-t-il raconté, “alors je me suis lancé, mais c’était un coup de dés”.

Ce succès va-t-il pousser l’Anglais à continuer jusqu’à Paris-2024? “Si vous m’aviez posé la question ce matin, j’aurais répondu +probablement non+. Mais là je me sens bien alors pourquoi pas continuer?”

À 29 ans, Laura, elle, ne parle pas d’arrêter. Elle aura au moins une revanche à prendre sur l’omnium, remporté dimanche par l’Américaine Jennifer Valente. 

L’autre médaille d’or du jour est allée à la Canadienne Kelsey Mitchell, vainqueur de la vitesse individuelle.

Le couple Jason et Laura Kenny aux Jeux de Tokyosur le vélodrome d'Izu, le 3 août 2021. AFP
Le couple Jason et Laura Kenny aux Jeux de Tokyosur le vélodrome d’Izu, le 3 août 2021. AFP

Copponi chute... et gagne

Dans l’omnium, Clara Copponi, seule Française engagée, a connu une journée contrastée. Dans la première course (le scratch), elle a été prise dans la même chute que Laura Kenny. Souffrant du dos, elle s’est relevée, et a même remporté une heure et demie plus tard la troisième course, la course par élimination. Insuffisant toutefois pour un podium.

Avec deux médailles, la semaine des pistards français est correcte, sans être brillante. L’échec de Benjamin Thomas sur l’omnium a certes été une grosse désillusion, mais les deux bronzes, en vitesse par équipe de Vigier/Helal/Grengbo et en américaine de Thomas/Grondin n’étaient en revanche pas faciles à aller chercher.

La bonne nouvelle, dans la perspective des Jeux de 2024, est la jeunesse de ce collectif: à 25 et 24 ans, Thomas et Vigier font figures de vétérans, mais Helal, Grengbo, Gros en vitesse, Grondin, le Net, Copponi en endurance ont tous moins de 23 ans. 

Au-delà de la piste, le bilan du cyclisme français à Tokyo est très en dessous des attentes, puisque la Fédération misait sur six podiums. Mais ni la route, ni le VTT ni le BMX n’ont pu rapporter la moindre récompense, et aucun cycliste français n’a fait retentir la Marseillaise au Japon.

La Française Clara Copponi après avoir remporté la corse par élimination dans l'omnium aux Jeux de Tokyo sur le vélodrome d'Izu, le 8 août 2021. AFP
La Française Clara Copponi après avoir remporté la corse par élimination dans l’omnium aux Jeux de Tokyo sur le vélodrome d’Izu, le 8 août 2021. AFP

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