JO-2020 - Handball: les Bleues, une famille en or

Sport Tokyo 2020

Tokyo, Japon | AFP

par Clément VARANGES

Pas deux fois. La revanche de Rio et le titre olympique n’ont pas échappé dimanche aux handballeuses françaises habitées par une force collective, celle d’une “famille” comme le répète la cadre Béatrice Edwige.

Les Bleues ont dominé les Russes, sacrées à Rio en 2016, (30-25) pour arracher leur premier titre olympique. La peine de 2016, le poids des absences et les premiers pas poussifs au Japon se sont envolés.

Dans un moment en suspension comme le toit du Yoyogi stadium, les Bleues ont hurlé leur joie d’être les premières. Premières handballeuses sacrées championnes olympiques et même les premières sportives françaises titrées aux Jeux dans un sport collectif.
“L’or olympique, c’est la médaille qui manque dans le cœur de tout le monde”, reconnaissait Olivier Krumbholz. Dimanche, les coeurs des championnes du monde (2017) et d’Europe (2018) débordaient de la plénitude du titre ultime au bout d’un match maîtrisé.

La bande d’Allison Pineau (7 buts) n’a été menée qu’à peine plus de trois minutes.

La brève remontée russe (16-16, 39e) a été effacée par un cinglant 6-0 infligé dans la foulée (22-16, 45e). Une pluie de balles a jailli dans la cage slave, à se croire devant un pachinko, ce jeu japonais au croisement du flipper et de la machine à sous. Ensuite ? elles ont fermé la boutique en accord avec leur cri de guerre créole “fèmé boutik, fèmé”.

Cléopâtre Darleux, entrée à la pause, a même installé un double rideau avec 9 arrêts (43%). Pas question de la priver du titre cette fois.

“L’objectif, c’est vraiment de gagner la médaille d’or”, lâchait-t-elle stoïque vendredi après la qualification en finale. Mission accomplie.

Comme l’URSS et la Yougoslavie

Sous les - petits - yeux en tribune des champions olympiques de la veille, les Bleues ont offert au handball français un doublé rarissime dans les tournois féminin et masculin. Seules l’URSS (1976) et la Yougoslavie (1984) l’avaient réalisé.

Réussite d’une “famille” pour reprendre les mots tendres de Béatrice Edwige. Ce noyau dans lequel “on s’engueule, on se prend la tête parfois”. Y compris dans ce tournoi. “Certaines ont parlé de la défense”, avait pointé du doigt la pivot de 32 ans après le match nul au premier tour contre la Suède (28-28).

Les absences de Siraba Dembélé, Orlane Kanor et Aïssatou Kouyaté inquiétaient. Les observateurs, l’entraîneur aussi qui a souvent répété le poids de l’absence de sa capitaine “Sira”.

“La dernière fois qu’elle n’était pas là, on s’est cassé la figure”. C’était ici même dans l’archipel, à Kumamoto et son Mondial-2019 quitté dès le premier tour.

Cette fois, sans sa mère de famille, la sororie s’en est sortie. “Quand je regarde les filles qui étaient là en 2016, je me dis +qu’est-ce qu’on a grandi et progressé dans nos savoir-faire individuels+”.

Quel aboutissement aussi pour Olivier Krumbholz. Lui à qui les Jeux ne réussissaient pas. En tout cas lors de son premier passage, avec une seule demi-finale en quatre campagnes, de 2000 à 2012. Depuis son retour, l’histoire est différente. Rappelé en catastrophe avant Rio, il a guidé les handballeuses françaises vers deux finales.

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