Paris-2024 veut "offrir la plus belle vitrine" aux Jeux paralympiques, assure Tony Estanguet

Tokyo 2020

Le président du comité d
Le président du comité d'organisation des prochains Jeux olympiques et paralympiques Tony Estanguet, le 5 août 2021 à Tokyo (Franck FIFE/AFP/Archives)

Tokyo (AFP)

L'ambition de Paris-2024 est d'"offrir la plus belle vitrine" aux Jeux paralympiques, assure à l'AFP le président du comité d'organisation des prochains Jeux olympiques et paralympiques Tony Estanguet avant son départ samedi de Tokyo, persuadé que "l'engouement va encore augmenter" d'ici trois ans.

Q: Que retenir sur place du début de ces Jeux paralympiques de Tokyo ?

R: "C'est un événement qui progresse sportivement et qui s'installe dans le paysage. A titre personnel, et je pense que c'est le cas de tous ceux qui sont ici, quand on a assisté aux Jeux paralympiques, on en retient quelque chose, on est marqué. C'est un message qui dépasse les émotions du sport. On prend une baffe, on est tous pris, à se demander comment ces grands champions ont réussi à se relever, à se préparer, à afficher des niveaux de performances que nous, valides, on serait incapables d'avoir. On en ressort tous assez impressionnés, ça fait du bien au moral, tout simplement."

Q: Paris-2024 peut-il faire passer un cap au handisport en France comme Londres-2012 au Royaume-Uni ?

R: "On a une ambition forte à Paris-2024, la même côté olympique que paralympique. On s'est battu pour avoir un même logo commun pour la première fois, mais aussi pour avoir les mêmes sites iconiques que les épreuves olympiques. Le tir à l'arc sera aux Invalides, le judo, le rugby fauteuil et le cécifoot au Champ-de-Mars, et donc au pied de la tour Eiffel, l'équitation au château de Versailles, l'escrime et le taekwondo au Grand Palais. Notre responsabilité, c'est d'offrir la plus belle vitrine et la plus belle exposition pour cet événement."

Q: Comment faire monter l'intérêt d'ici trois ans pour les parasports ?

R: "On a naturellement tendance à s'intéresser à ce qu'on connaît déjà, il existe encore un petit +gap de promotion et de valorisation+. Il y a des épreuves qui gagnent à être connues davantage. On va avoir un défi, il va falloir travailler avec nos partenaires médias pour trouver des solutions. Parce qu'il n'y a pas de raison que ça ne fonctionne pas. Je trouve que ce sont vraiment des spectacles sportifs avec du rythme, du suspense. Même si pour l'instant l'engouement est moindre, je suis persuadé que d'ici 2024, il va encore augmenter."

Q: Quelle est la stratégie pour qu'il progresse ?

R: "Nous avons mis en place la semaine olympique et paralympique chaque année dans les écoles, 80% des projets l'année dernière ont été dédiés au paralympisme. Parce que dès qu'on propose, les enseignants et les élèves sont demandeurs. Notre stratégie est de viser d'abord cette génération 2024. Elle doit être sensibilisée sur le fait que nous sommes une société qui doit être un peu plus inclusive. Oui, il y a 15% de la population qui est en situation de handicap dans le monde (référence à la campagne mondiale WeThe15, "nous les 15" lancée à l'occasion des Jeux paralympiques, NDLR). Ca peut tous nous arriver, ça concerne forcément des gens dans notre entourage. Le sport, selon moi, reste l'activité idéale pour faire passer ces messages de manière non discriminante, mais de façon accueillante et positive."

Propos recueillis par Clément VARANGES

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