Paralympiques 2020 : « On arrête totalement d’exister entre les Jeux », déplore Marie-Amélie Le Fur

Tokyo 2020

La présidente du Comité paralympique et sportif français Marie-Amélie Le Fur lors des Jeux de Tokyo, le 28 août 2021 (Thomas LOVELOCK/OIS/IOC/AFP/Archives)
La présidente du Comité paralympique et sportif français Marie-Amélie Le Fur lors des Jeux de Tokyo, le 28 août 2021 (Thomas LOVELOCK/OIS/IOC/AFP/Archives)

Tokyo (AFP)

Après les 54 médailles françaises aux Jeux paralympiques de Tokyo, le défi en vue de Paris-24 est d'“entretenir dans la durée” la visibilité qui “arrête totalement d’exister entre les Jeux”, regrette la présidente du Comité paralympique et sportif français Marie-Amélie Le Fur dans un entretien à l’AFP.

Un cap a-t-il été franchi du point de vue des sportifs paralympiques cet été ?

“En étant à Tokyo c’est difficile de ressentir l’engouement en France. Ce que je perçois et les retours que j’ai, c’est que la médiatisation a commencé plus en amont que d’habitude, ce qui a permis d’y préparer un peu le grand public. On en a même beaucoup plus entendu parler au moment des Jeux olympiques, ce qui a accroché l’audience. On sent que les performances sont plus suivies, c’est très positif. Mais je pense qu’on a un cap à franchir dans l’appropriation de ce que sont les Jeux paralympiques, dans la façon d’en parler.”

Lequel ?

La présidente du Comité national Paralympique français Marie-Amélie Le Fur, lors d
La présidente du Comité national Paralympique français Marie-Amélie Le Fur, lors d’une séance d’entraînement au stade de Blois, le 21 mai 2021 (GUILLAUME SOUVANT/AFP/Archives)

“Il faut sortir du récit portant simplement sur le parcours de vie de nos sportifs mais s’intéresser à leur parcours de performance, continuer à les suivre dans la durée, parler de leur entraînement, parler de ce que c’est d’être un sportif de haut niveau au quotidien. Il faut aussi qu’il y ait un meilleur suivi de toutes les compétitions intermédiaires pendant ces trois années qui nous séparent des Jeux. Le problème du mouvement paralympique, c’est qu’il arrête totalement d’exister entre les Jeux. Il est très difficilement visible, que ce soit aux championnats d’Europe ou du monde. Il faudrait qu’il y ait ces relais entre les Jeux. Il faut entretenir dans la durée et jusqu’à Paris-2024 ce lien entre les Français et nos sportifs au travers de reportages réguliers, ça c’est absolument essentiel.”

Paris-2024 peut-il changer la donne pour les sportifs paralympiques français comme Londres-2012 l’avait fait pour les Britanniques ?

“Il n’y a pas que les sportifs anglais qui ont été marqués par Londres. Tout le mouvement paralympique a été marqué par l’engouement des spectateurs, par la reconnaissance des sportifs paralympiques en tant que sportif de haut niveau, c’est vraiment ce qu’on a ressenti, une ferveur. C’était absolument extraordinaire et j’espère sincèrement que nous vivrons une expérience similaire en France.”

Y croyez-vous ?

Marie-Amélie Le Fur en compétition lors des Jeux Paralympiques de Tokyo, le 28 août 2021 (Thomas LOVELOCK/OIS/IOC/AFP/Archives)
Marie-Amélie Le Fur en compétition lors des Jeux Paralympiques de Tokyo, le 28 août 2021 (Thomas LOVELOCK/OIS/IOC/AFP/Archives)

“Disons qu’il faut maintenant que les ambitions se concrétisent. Tokyo-2020, est une première étape pour nous en termes d’appropriation par le grand public, par les médias, mais on sent que ce système est encore perfectible, on a encore besoin d’aller plus loin. C’est un chemin qui est un petit peu long. On est sur la bonne voie, maintenant il faut un coup d’accélérateur parce que trois ans, c’est très court et nos ambitions sont très grandes.”

Les moyens financiers sont-ils au rendez-vous ?

“Ca fait deux ou trois ans qu’une véritable montée dans la considération du sport paralympique s’est opérée. Il y a eu une prise de conscience que le sport paralympique était sous-dimensionné, sous-subventionné. Petit à petit, les investissements sont repensés. Davantage d’enveloppes sont attribuées aux fédérations. Mais il y a aussi les moyens humains. Parce que trouver des pratiquants en situation de handicap, des licenciés, ça prend énormément de temps, c’est véritablement très complexe, et pour ça, il faut vraiment que les fédérations aient les ressources humaines aussi.”

© 2021 AFP

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