Le nouveau Premier ministre japonais envoie une offrande rituelle au sanctuaire controversé de Yasukuni

Politique

Tokyo, Japon | AFP

Le nouveau Premier ministre japonais Fumio Kishida a envoyé dimanche une offrande rituelle au sanctuaire controversé de Yasukuni, un lieu très controversé car considéré par beaucoup comme un symbole du passé militariste du Japon.

Fumio Kishida a envoyé l’offrande de l’arbre “masakaki” en tant que Premier ministre à l’occasion du festival biannuel du sanctuaire qui se tient au printemps et à l’automne, a déclaré à l’AFP une porte-parole du sanctuaire.

Le sanctuaire, situé dans le centre de Tokyo, honore le souvenir de près de 2,5 millions de soldats morts au cours des conflits menés par le Japon depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à 1945.

Le sanctuaire Yasukuni, à Tokyo (AFP).
Le sanctuaire Yasukuni, à Tokyo (AFP).

Mais le lieu honore aussi la mémoire d’officiers supérieurs et d’hommes politiques japonais condamnés pour crimes de guerre par les Alliés après la Seconde Guerre mondiale.

Aussi le respect régulièrement témoigné à ce sanctuaire par les responsables politiques nippons contemporains a-t-il pour effet d’irriter Pékin et Séoul, la Chine et la péninsule coréenne ayant subi le joug de Tokyo au cours de la première moitié du XXe siècle.

Deux des ministres du gouvernement Kishida, le ministre de la Santé et du Travail Shigeyuki Goto, et Kenji Wakamiya, ministre chargé de l’Exposition universelle de 2025 à Osaka, ont également offert des arbres sacrés.

Au début de l’année, trois ministres de premier plan avaient rendu hommage au sanctuaire à l’occasion de l’anniversaire de la capitulation du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale.

Shinzo Abe est le dernier Premier ministre japonais à s’être rendu en personne à Yasukuni alors qu’il était en exercice, en 2013.

Sa visite avait indigné la Chine et la Corée du Sud et avait aussi été vertement critiquée par les Etats-Unis, pourtant le grand allié du Japon.

M. Abe s’est rendu à plusieurs reprises à Yasukuni depuis qu’il a quitté le pouvoir en septembre 2020.

M. Kishida, qui est devenu Premier ministre du Japon le 4 octobre, n’a pas l’intention de se rendre au sanctuaire pendant les deux jours du festival qui s’y déroule à partir de lundi, a rapporté Kyodo News, citant des sources anonymes dans son entourage.

(Voir notre article : Le sanctuaire Yasukuni et les criminels de guerre)

© Agence France-Presse

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