La première présidente du principal syndicat japonais veut « briser le plafond de verre »

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Tokyo, Japon | AFP

La première femme à diriger le principal syndicat de travailleurs au Japon a souligné vendredi les “problèmes clés” de l’égalité hommes-femmes et de la diversité dans le pays, régulièrement critiqué pour ses mauvaises performances dans ces domaines.

Le Japon est classé 120e sur 156 pays au classement 2021 du Forum économique mondial concernant la parité entre les sexes (AFP).
Le Japon est classé 120e sur 156 pays au classement 2021 du Forum économique mondial concernant la parité entre les sexes (AFP).

L’arrivée début octobre de Tomoko Yoshino, 55 ans, à la présidence de la Confédération japonaise des syndicats de travailleurs (Rengô), une première depuis la fondation en 1989 de l’organisation comptant environ 7 millions de membres, a été vue comme un signe fort de sa volonté de s’attaquer à la question de l’égalité des sexes.

Mme Yoshino a expliqué vendredi lors d’une conférence de presse à Tokyo avoir d’abord hésité à relever ce défi, mais qu’elle a finalement accepté pour “ne pas laisser passer cette opportunité de briser le plafond de verre” que rencontrent les femmes dans le monde du travail au Japon.

L’Archipel s’est classé 120e sur 156 pays au classement 2021 du Forum économique mondial concernant la parité entre les sexes, une place “très basse pour un pays dit avancé ou développé”, a regretté Mme Yoshino, disant vouloir s'“attaquer de front” au problème. (Voir notre article : Classement mondial 2021 sur l’égalité des sexes : le Japon toujours un mauvais exemple)

La disparité des salaires entre hommes et femmes et la faible représentation féminine à des postes à responsabilité s’expliquent notamment par “la division traditionnelle des rôles entre les sexes au Japon, toujours très ancrée aussi bien dans le monde du travail que dans la société et la famille”, a-t-elle noté.

Ainsi, “on attend des femmes qu’elles soient ou deviennent de bonnes épouses et de bonnes mères”, a-t-elle fustigé, soulignant que beaucoup de femmes japonaises doivent quitter le monde du travail quand elles sont enceintes ou pour s’occuper de leurs enfants.

Dans le cas où elles retournent ensuite dans l’entreprise, “elles ont souvent des opportunités moindres de retrouver un emploi à durée indéterminée” et à cause de cette précarité elles sont les premières victimes des aléas économiques, a estimé Mme Yoshino.

“Une société où les femmes peuvent travailler et vivre dans de meilleures conditions est aussi une société dans laquelle tout le monde peut se sentir à l’aise et en sécurité”, a-t-elle jugé.

La responsable syndicale a regretté que la représentation des femmes soit “aussi basse dans la sphère politique que dans le monde du travail”, rappelant que la proportion de candidates aux élections législatives japonaises du 31 octobre était seulement de 18,4 %.

La confédération Rengô soutient notamment pour ce scrutin la plus grande formation politique d’opposition, le Parti démocrate constitutionnel (PDC, centre-gauche), qui est cependant largement distancé dans les sondages par le Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) du Premier ministre Fumio Kishida.

Regrettant la “méfiance des gens à l’égard de la politique”, Mme Yoshino a dit espérer que “cette élection aidera à former un gouvernement démocratique qui écoute le peuple et les travailleurs”.

© Agence France-Presse

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