Ce qu’il faut savoir sur la famille impériale japonaise

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Tokyo, Japon | AFP

par Katie Forster

Alors que la princesse Mako du Japon a épousé mardi son fiancé roturier après de longues fiançailles empoisonnées par une controverse, voici ce qu’il faut savoir sur la famille impériale japonaise, considérée comme la plus ancienne dynastie régnante au monde.

La princesse japonaise Mako (d) et son fiancé Kei Komuro (g), lors d'une conférence de presse au Grand Arc Hotel pour annoncer leur mariage, le 26 octobre 2021 à Tokyo (AFP).
La princesse japonaise Mako (d) et son fiancé Kei Komuro (g), lors d’une conférence de presse au Grand Arc Hotel pour annoncer leur mariage, le 26 octobre 2021 à Tokyo (AFP).

Une histoire très ancienne

La famille impériale japonaise a une histoire entourée de nombreux mythes, dont les origines remontent à plus de 2 600 ans. L’actuel souverain, Naruhito, 61 ans, est considéré comme un descendant de la déesse du soleil Amaterasu, une divinité majeure de la religion shinto.

L'empereur japonais Naruhito, le 8 octobre 2021 à Tokyo (AFP).
L’empereur japonais Naruhito, le 8 octobre 2021 à Tokyo (AFP).

Depuis la Constitution japonaise de 1947, rédigée par l’occupant américain au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’empereur n’a plus aucun rôle politique, mais demeure une importante figure symbolique pour le pays, accueillant des chefs d’Etat étrangers et ayant des responsabilités rituelles et cérémonielles.

Mako est la nièce de Naruhito, en tant que fille aînée du frère cadet de l’empereur, le prince Fumihito d’Akishino.

Arbre généalogique de la famille impériale du Japon (AFP).
Arbre généalogique de la famille impériale du Japon (AFP).

Un club très masculin

Le principe de succession dans la famille impériale japonaise est strictement masculin, même s’il y a eu exceptionnellement quelques impératrices régnantes dans sa longue histoire. Mais la dernière d’entre elles, Go-Sakuramachi, a régné il y a 250 ans. (Voir notre article lié : les huit femmes impératrices du Japon et l’actuelle question de la succession)

Seuls les hommes sont autorisés à monter sur le trône du Chrysanthème, et les filles nées dans la famille impériale comme Mako doivent la quitter le jour de leur mariage, écartant définitivement leur descendance éventuelle de la succession impériale.

Le maintien de ce système de filiation patrilinéaire est défendu bec et ongles par les traditionalistes japonais, mais il est un objet de débat lancinant, du fait du manque d’héritiers mâles.

En effet, le frère de Mako, Hisahito, 15 ans, est le seul héritier du trône, après leur père Fumihito d’Akishino.

A l’avenir et en l’absence de réforme, la succession impériale serait dans l’impasse si Hisahito n’avait pas de descendance masculine.

Photo diffusée le 5 août 2021 par l'Agence de la maison impériale japonaise du prince Hisahito, à Tokyo (AFP).
Photo diffusée le 5 août 2021 par l’Agence de la maison impériale japonaise du prince Hisahito, à Tokyo (AFP).

Des fiançailles compliquées

Mako a épousé mardi à Tokyo Kei Komuro, un juriste âgé de 30 ans comme elle. Mais leurs fiançailles n’ont rien eu d’un conte de fées et ont duré plus de quatre ans.

Leur mariage initialement prévu en 2018 avait été reporté sine die, sur fond de litige entre la mère de Kei Komuro et l’ancien fiancé de celle-ci, l’accusant de lui avoir emprunté plus de 4 millions de yens (environ 30 000 euros) sans le rembourser, pour financer une partie des études de son fils.

Cette querelle, qui n’est toujours pas réglée, avait fait scandale au Japon, où un comportement irréprochable est attendu des membres de la famille impériale et de leur entourage.

Selon l’Agence de la maison impériale, Mako a souffert d’un syndrome de stress post-traumatique du fait de la pression médiatique, tandis que Kei Komuro était parti en 2018 aux Etats-Unis poursuivre ses études de droit.

Une rupture avec la tradition

Les jeunes époux, qui comptent s’installer à New York, ont renoncé à une cérémonie de mariage dans la tradition impériale, ainsi qu’à une somme forfaitaire remise d’habitude aux femmes quittant la famille impériale et qui dépasserait le million d’euros.

C’est la première fois dans le Japon d’après-guerre qu’un mariage d’un membre de la famille impériale a lieu sans une cérémonie traditionnelle.

Photo diffusée le 3 décembre 2020 par l'Agence de la maison impériale de l'impératrice Masako à Tokyo (AFP).
Photo diffusée le 3 décembre 2020 par l’Agence de la maison impériale de l’impératrice Masako à Tokyo (AFP).

Mais le stress que Mako a enduré évoque lui des précédents : sa tante Masako, l’actuelle impératrice, a souffert de dépression pendant des années en raison d’attentes pesantes pour qu’elle enfante un héritier mâle, qu’elle n’a finalement jamais eu. Le couple impérial a une fille unique, Aiko, aujourd’hui âgée de 19 ans.

Michiko, l’impératrice émérite âgée de 87 ans, avait également subi des critiques, surtout dans les premières années de son mariage, en tant que première épouse roturière d’un membre de la famille impériale.

© Agence France-Presse

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