Démission du chef du premier parti d’opposition après une débâcle aux législatives

Politique

Tokyo, Japon | AFP

Yukio Edano, le président-fondateur du Parti démocrate constitutionnel (PDC, centre-gauche), première force d’opposition au Japon, a annoncé mardi qu’il allait démissionner après la lourde défaite de son camp aux élections législatives de dimanche en dépit d’une stratégie d’alliance inédite.

“C’est un résultat très décevant”, a admis M. Edano, 57 ans, jugeant qu’il était le principal responsable de cet échec et qu’il était nécessaire pour son parti de préparer les prochaines échéances électorales avec un “nouveau leader”.

Yukio Edano (AFP).
Yukio Edano (AFP).

Le PDC n’a obtenu que 96 sièges dimanche à la Chambre basse du Parlement japonais, contre 110 auparavant, selon des résultats toujours préliminaires.

Il s’était pourtant associé dans de nombreuses circonscriptions à quatre autres partis d’opposition, dont le Parti communiste japonais, pour tenter d’affaiblir sérieusement la coalition au pouvoir composée du Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste) et du Komeito (centre-droit).

Mais la coalition gouvernementale, emmenée par le Premier ministre et président du PLD Fumio Kishida, a résisté beaucoup mieux que prévu, conservant une large majorité absolue de 293 sièges sur 465, contre 305 sièges auparavant.

Selon les observateurs, l’alliance de l’opposition n’a pas convaincu de nombreux électeurs car le PDC n’avait pas réglé des désaccords de fond avec le Parti communiste japonais, notamment sur le traité de sécurité nippo-américain.

Elu de la Chambre basse depuis 1993, M. Edano a siégé au gouvernement durant le bref passage de l’opposition au pouvoir (2009-2012).

En tant que porte-parole du gouvernement à l’époque, il s’était surtout fait connaître lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, en tenant des conférences de presse quotidiennes jour et nuit.

Il a fondé en 2017 le PDC, qui a fusionné en 2020 avec un autre parti d’opposition.

Au-delà de la coalition au pouvoir, l’autre vainqueur des législatives est le Parti japonais de l’innovation (Nippon Ishin no Kai), une formation populiste d’opposition originaire d’Osaka (ouest) qui a récolté 41 sièges contre 11 en 2017, devenant ainsi la troisième force parlementaire du pays.

Fondé en 2015 et dirigé par le maire d’Osaka Ichiro Matsui, le PJI plaide notamment pour un pouvoir plus décentralisé, des baisses d’impôts et une dérégulation de l’économie, assortie d’une simplification administrative.

Bien qu’il ait exclu de rejoindre la coalition au pouvoir, le PJI est favorable comme le PLD à une révision de la Constitution pacifiste japonaise et partisan comme lui d’un déplafonnement du budget de la défense.

© Agence France-Presse

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