L’anguille, un mets de luxe à un prix enfin abordable cet été ?

Gastronomie

Les anguilles (unagi) sont depuis longtemps un aliment très apprécié au Japon, en particulier pendant la période chaude et humide de l’été. Après avoir été badigeonnées dans une sauce épaisse et savoureuse, les anguilles sont grillées au charbon de bois, libérant une odeur suave et appétissante. Le prix des anguilles a continué d’augmenter d’année en année, mais elles pourraient être un peu plus abordables cet été...

L’épidémie du Covid-19 a un impact très difficile à encaisser pour les restaurants. Selon des données publiées par la Japan Food Service Association, l’industrie de la restauration a souffert en mai 2020 d’une baisse générale du chiffre d’affaires de 32,2 % par rapport à l’année dernière. Bien que les activités retournent progressivement à la normale depuis la levée de l’état d’urgence, la situation n’en demeure pas moins grave.

Les restaurants spécialisés dans l’anguille, ou unagi, ne font pas exception. « La hausse du nombre de cas d’infections est inquiétante et les gens ont naturellement moins envie d’aller au restaurant », reconnaît Kuramochi Osamu, le patron du restaurant d’anguilles Asakusa Unatetsu. « On fait actuellement à peu près la moitié du chiffre habituel... »

Le pic de consommation d’unagi arrive tous les ans à un jour particulier : Doyô no ushi no hi (jour du bœuf). La tradition veut qu’à cette date en plein cœur de l’été, manger de l’anguille permet de résister aux coups de chaleur. C’est pourquoi toute l’industrie de l’anguille attend Doyô no ushi avec impatience.

Cette année, ce jour tombe le 21 juillet. Et bonne nouvelle pour les éventuels consommateurs, les prix devraient être moins chers que d’habitude. Selon les données de l’Agence des pêches, le volume d’alevins pêché est en hausse depuis deux ans. Et cette saison ne fait pas exception : les quantités pêchées ont été importantes aussi bien au Japon que dans d’autres pays. En conséquence, l’alevin se négocie cette année à 1,44 million de yens (11  700 euros) le kilo, soit la moitié du prix record d’il y a deux ans de 2,99 millions de yens (24  400 euros).

« Face à un avenir incertain, les gens ne sont pas prêts à mettre la main au portefeuille, explique M. Kuramochi.  Quand il s’agit de sortir manger, on a tendance à choisir un restaurant pas cher. Afin de relancer notre activité, nous pensons proposer des prix compétitifs le jour de Doyô no ushi. »

D’autres restaurants profitent aussi de la baisse du prix des anguilles pour tenter de reprendre du service.

Furuyama Kunio, gérant de Marugen, spécialiste du bentô d’anguille à la sauce kabayaki, explique que même si les cas d’infection au coronavirus ne diminuent pas à Tokyo, le volume des ventes à emporter reste important. Les bons jours, Marugen peut vendre jusqu’à 300 bentô. Grâce à la baisse des prix, l’anguille est devenu un aliment plus abordable qu’auparavant pour les consommateurs. « Il devrait y avoir encore plus d’anguilles l’année prochaine, espère M. Furuyama. Je m’attends à ce que l’offre soit plus importante et que les prix continue de descendre. »

(D’après la diffusion sur Prime Online du 3 juillet 2020)

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