Deux Japonaises parmi les 100 personnes les plus influentes du monde en 2020 : la journaliste Itô Shiori et la championne Osaka Naomi

Société

Le magazine américainTime a publié son édition annuelle des 100 personnes les plus influentes du monde. Parmi elles, deux Japonaises. Il s’agit de la journaliste Itô Shiori et de la joueuse de tennis Osaka Naomi.

Itô Shiori avait publiquement annoncé il y a trois ans de cela qu’elle avait été violée par l’un de ses confrères en 2015, un journaliste haut placé d’une chaîne de télévision privée. La femme de 32 ans était alors devenue une icône des victimes de harcèlement sexuel au Japon, un pays où encore très peu de femmes osent une parole libre pour dénoncer les abus de ce genre. L’affaire Itô Shiori avait été alors grandement médiatisée, y compris hors des frontières de l’Archipel.

Après que le journaliste accusé avait bénéficié d’un non-lieu lors d’un procès en pénal, Itô Shiori a décidé de porter l’affaire en civil en demandant réparation. En décembre 2019, le tribunal du district de Tokyo a exigé alors de l’agresseur présumé le paiement d’une somme de 3,3 millions de yens (environ 27 000 euros). Mais la défense a réfusé le verdict et décidé de faire appel.

Certains considèrent qu’en s’exprimant avec courage sur les abus sexuels, Itô Shiori a grandement transformé le statut des femmes japonaises.

Osaka Naomi, née d’un père américain d’origine haïtienne et d’une mère japonaise, apparaît dans le célèbre classement du Time pour la deuxième année consécutive. La jeune championne de 22 ans est devenue en 2018 la première Japonaise de l’histoire du tennis, hommes et femmes confondus, à remporter un des quatre tournois du Grand Chelem. Elle en gagnera deux autres par la suite et deviendra même numéro 1 mondiale pendant un temps.

N’hésitant pas à affirmer ses différentes cultures, Osaka Naomi a récemment mis en avant son statut de femme noire pour défendre la cause de la communauté afro-américaine lors des dramatiques tirs de police. « Je suis une femme noire avant d’être joueuse de tennis », avait-elle dit. Lors de certains de ses matchs, elle s’était montrée portant un masque sanitaire où il y était inscrit les noms des victimes noires des violences policières aux États-Unis. (Voir notre article : Osaka Naomi : performance, humilité et identité assumée pour la championne de tennis japonaise)

(D’après la diffusion sur Prime Online du 23 septembre 2020)

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