« Je m’appelle Eva » : la première journée d’une évacuée ukrainienne à l’école primaire au Japon

Société International

Trois mois sont passés depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe. Nous avons suivi le premier jour de classe d’Eva, une Ukrainienne de 10 ans, réfugiée au Japon avec sa famille, mais sans son père resté au pays. La jeune fille avait bien répété le japonais pour pouvoir se présenter en classe.

Eva se prépare pour son premier jour et discute avec son papa resté en Ukraine

La petite Eva Marić, 10 ans, est arrivée au Japon en mars 2022 depuis la ville de Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine.

Cela fait deux mois qu’Eva, ainsi que sa mère, sa grand-mère, et sa petite sœur, ont trouvé refuge chez sa tante, Svetlana, qui habite à Kakamigahara, dans la préfecture de Gifu. Elles s’habituent tout doucement à la vie au Japon.

Eva et sa maman, Natalya, ont débuté des cours de japonais donnés par des bénévoles, et sa petite sœur de 3 ans, Mia, a commencé à aller à la maternelle.

Un cours de japonais donné par des bénévoles
Un cours de japonais donné par des bénévoles

Le 16 mai, Eva a intégré l’école primaire au Japon.

Svetlana raconte que le cartable randoseru d’Eva était un cadeau de sa professeure de japonais. Elle a pu choisir sa gourde elle-même. Pour le grand jour, elle avait aussi une nouvelle boite à stylos et un sac pour son déjeuner, tout en rose, sa couleur préférée.

La petite Eva adore le rose !
La petite Eva adore le rose !

On avait percé les oreilles d’Eva à l’âge de 11 mois, mais sa tante, Svetlana, explique que les piercings ont été enlevés pour la première fois au Japon, presque 10 ans plus tard, pour ne pas enfreindre aux règles des établissements scolaires.

Les piercings ne sont pas permis à l’école au Japon.
Eva se fait enlever ses piercings aux oreilles.

Jusqu’en mars 2022, Eva était scolarisée à l’école primaire à Kramatorsk.

Eva et sa maman en Ukraine, en 2020
Eva et sa maman en Ukraine, en 2020

Sa vie a complètement changé avec l’invasion de l’armée russe et le bombardement de la gare, tout près de chez elle.

Le papa d’Eva continue à travailler comme policier à Kramatorsk, faisant de son mieux pour protéger la population. Eva lui a montré plusieurs fois par visio comment elle avait appris à se présenter en japonais.

Quand Eva lui a dit, en japonais, « Bonjour. Je m’appelle Eva Marić et je suis Ukrainienne. J’espère que nous deviendrons amis », son papa l’a félicitée et lui a dit qu’il était fier d’elle.

Eva parle avec son père en vidéo
Eva parle avec son père en vidéo

Douée pour les maths et aussi pour la danse, Eva s’intègre parmi ses nouveaux camarades de classe

Le 16 mai, à 7 h 30, la voici fin prête pour son départ à l’école. Le premier jour, Eva est accompagnée par son cousin, Nicolas, en CE1, qui est né et a grandi au Japon.

Eva était toute contente de recevoir de la directrice de l’école le manuel scolaire de maths, sa matière préférée. Elle a aussi reçu un traducteur électronique pour l’aider à comprendre le japonais.

Eva reçoit les textes scolaires de la directrice de l’école.
Eva reçoit les manuels scolaires de la directrice de l’école.

Quand ses camarades de classe viennent la récupérer, Eva leur dit bonjour en japonais.

« Je m’appelle Eva Marić. »
« Je m’appelle Eva Marić. »

La voici rentrée dans la salle de classe. Elle se présente en disant (en japonais) : « Je m’appelle Eva Marić et je suis Ukrainienne. J’aime beaucoup dessiner et j’adore les maths ! J’espère que nous deviendrons amis. » Et ses camarades de classe répondent « Bienvenue parmi nous ! »

La présentation en japonais qu’elle avait répétée devant son papa en vidéo semble donc s’être bien passée !

Entourée de ses camarades de classe
Entourée de ses camarades de classe

Ce jour-là, au cours de gym, il y avait une répétition d’une danse que les élèves préparent pour la journée d’observation des parents en juin. Eva prenait déjà des cours de danse en Ukraine, et quand elle a montré ses mouvements préférés avec beaucoup d’enthousiasme, ses camarades se sont regroupés autour d’elle. Tout le monde a commencé à se sentir plus à l’aise.

Ses camarades ont dit que ça leur faisait plaisir de voir qu’Eva avait l’air de se plaire au Japon, et ont exprimé le désir de lui apprendre un peu de japonais pendant les pauses, comme à midi, par exemple.

La directrice de l’école lui a enseigné aussi des mots japonais qui lui seront utiles pour sa vie scolaire.

Le vocabulaire de base nécessaire pour la vie scolaire. Comment dire bonjour, au revoir, merci, debout, assis, et courbette.
Le vocabulaire de base nécessaire pour la vie scolaire au Japon. Comment dire bonjour, au revoir, merci, et à quels moments se lever de sa chaise, s’asseoir ou se courber.

La directrice s’est réjouie d’apprendre qu’Eva a bon appétit, et qu’elle joue avec ses camarades de classes pendant les pauses.

Elle a tout de suite eu une bonne note en maths, sa matière préférée, et sa première journée d’intégration s’est bien terminée.

La maman d’Eva, assez inquiète pour cette première journée, est soulagée. Eva s’est très bien débrouillée et semble satisfaite de son nouvel environnement. Bon courage à elle !

Voir également nos articles sur la vie des évacués ukrainiens au Japon :

(D’après la diffusion sur Prime Online du 24 mai 2022)

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