À 100 jours des JO, Tokyo face aux multiples défis de la pandémie

Tokyo 2020

La résurgence du coronavirus et l'apparition de nouveaux variants dans des pays comme l'Inde et le Brésil constituent le plus gros problème pour les organisateurs des Jeux. /Photo prise le 14 avril 2021/REUTERS/Issei Kato
La résurgence du coronavirus et l’apparition de nouveaux variants dans des pays comme l’Inde et le Brésil constituent le plus gros problème pour les organisateurs des Jeux. /Photo prise le 14 avril 2021/REUTERS/Issei Kato

par Sakura Murakami, Elaine Lies et Kiyoshi Takenaka

TOKYO (Reuters) - Quand le Japon a remporté il y a huit ans l’appel d’offres pour organiser les Jeux olympiques, il a présenté Tokyo comme une ville fiable et sûre, face à des rivaux aux prises avec des problèmes financiers et un climat politique instable.

Cent jours avant le coup d’envoi de l’événement, les organisateurs sont pourtant confrontés à une avalanche de défis et d’incertitudes croissantes induites par la pandémie de COVID-19, qui remet en cause toutes les décisions, de la sécurité des athlètes au nombre de spectateurs en passant par la vente de billets.

La résurgence du coronavirus et l’apparition de nouveaux variants dans des pays comme l’Inde et le Brésil constituent le plus gros problème pour les organisateurs des Jeux.

Parmi les économies développées, le Japon a par ailleurs observé l’un des rythmes de vaccination les plus lents, Tokyo alternant les périodes de confinement et de déconfinement. Tandis que le nombre de contamination est en augmentation, les experts craignent que la capitale japonaise ne soit sur le point d’enregistrer une hausse “explosive” de cas.

Le parcours du relais de la flamme a ainsi été redessiné et les spectateurs étrangers ont été interdits d’assister aux compétitions. Les organisateurs n’ont néanmoins pas encore déterminé quoi faire avec le public local.

Cette situation pose des problèmes majeurs aux sites sportifs et aux agences de voyage.

“La situation est en constante évolution. Même au cours des derniers mois, la situation en matière de coronavirus a extrêmement changé, et cela va continuer. Il est très difficile de poursuivre les préparatifs lorsque nous ne savons pas quelle sera la situation à l’avenir”, a déclaré Hidemasa Nakamura, le principal responsable du comité d’organisation chargé de superviser les préparatifs logistiques des Jeux.

Son équipe a publié un premier protocole listant les mesures à respecter contre le COVID-19. Si les athlètes en visite ne le respectent pas, ils courront le risque d’être exclus de la compétition.

15.000 ATHLÈTES ATTENDUS DANS LE VILLAGE OLYMPIQUE

La chaleur estivale constitue un autre obstacle pour Tokyo, a dit Hidemasa Nakamura, qui pointe du doigt “des situations où il sera difficile de trouver un équilibre entre la chaleur et les mesures de lutte contre le coronavirus”.

Yoichiro Hara, responsable de la municipalité de Tokyo chargé des transports routiers autour des sites concernés, a ajouté que “les symptômes de l’épuisement par la chaleur (pouvaient) être similaires à ceux du coronavirus”.

Il a également indiqué que son équipe réfléchissait à l’opportunité de faire porter des combinaisons de protection complètes au personnel médical des postes de secours. Celle-ci n’a toutefois pas été en mesure de décider du nombre de postes nécessaires, étant donné les difficultés à évaluer la prévalence du virus en juillet et l’absence de décision quant au nombre de spectateurs qui seront accueillis.

Un autre défi dans l’organisation des Jeux olympiques est le village des athlètes, qui devrait accueillir 15.000 personnes venues de plus de 200 pays du monde pour concourir dans 33 sports sur 42 sites différents.

Les organisateurs ont en outre prévu de mobiliser 126.000 volontaires pour encadrer les athlètes et les spectateurs dans la ville.

“Le système médical est déjà mis à rude épreuve. Notre centre de santé local ne peut pas s’occuper de ces athlètes dans le village”, a souligné Hideki Hayakawa, directeur de l’unité de coordination olympique du quartier Chuo de Tokyo, où se trouve le village.

Certains organisateurs locaux se plaignent du fait que les informations en provenance de Tokyo arrivent lentement, et qu’ils ne découvrent les développements clés de la crise que dans les médias. D’autres, comme Mie Watanabe, qui prépare le parcours de la course sur route à Oyama, une ville située à 90 kilomètres au sud-ouest de Tokyo, craignent que des mois de travail ne soient perdus.

“Le fait que nous ne sachions pas si les spectateurs en bord de route seront autorisés est un gros problème pour nous - cela signifie que certains de nos préparatifs ne seront pas nécessaires”, a déclaré Mie Watanabe, mettant notamment l’accent sur les tentes, les toilettes et les places de parking.

Les organisateurs d’Oyama ont mis de côté de l’argent pour acheter jusqu’à 5.000 masques destinés aux spectateurs, dans le cas où ils seraient autorisés à se rassembler.

“Une fois que nous saurons (tout ça), ce sera une véritable ruée (pour la préparation)”, a déclaré Mie Watanabe.

(Avec Mari Saito, Ju-min Park et Antoni Slodkowski, version française Anait Miridzhanian et Juliette Portala, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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