Stérilisations forcées : Takaichi Sanae a rencontré des victimes de la Loi de protection eugénique

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Lors d’une rencontre avec des victimes de stérilisations forcées pratiquées en vertu de l’ancienne loi eugénique, aujourd’hui abrogée, la Première ministre japonaise Takaichi Sanae a reconnu mercredi « la responsabilité extrêmement grave du gouvernment japonais ».

Une loi prévoyant l’indemnisation de ces personnes est entrée en vigueur le 17 janvier de l’année dernière, à la suite d’un arrêt de la Cour suprême reconnaissant la responsabilité de l’État. On estime qu’environ 25 000 personnes ont subi une stérilisation et près de 59 000 un avortement dans ce cadre. Pourtant, à la fin du mois de novembre dernier, seules 1 560 personnes avaient été officiellement reconnues au titre de cette loi.

À l’issue de cet entretien, l’avocat Niisato Kôji , co-représentant de l’équipe de défense dans ce dossier, a déclaré lors d’une conférence de presse : « Certains ignorent peut-être encore l’existence même de cette loi sur l’indemnisation, tandis que d’autres n’osent pas s’exprimer en raison de la persistance d’une idéologie eugéniste. » Il a ajouté : « Il est essentiel que la société réfléchisse aux moyens de venir en aide à ceux qui ne peuvent pas faire entendre leur voix. »

La « Loi de protection eugénique » a été en vigueur entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 1970. Elle autorisait les stérilisations forcées dans l'« intérêt public » pour les personnes atteintes de handicaps mentaux héréditaires et d’autres pathologies d’ordre génétique. Certains membres de gouvernement de la période d’après-guerre craignaient que la qualité de la population japonaise se dégrade, et cherchaient à limiter au possible les risques d’une « mauvais sélection ». La loi a été abrogée en 1996.

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