Terres rares : le Japon cherche des solutions pour réduire sa dépendance envers la Chine

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Un site d'extraction de terres rares à Ganzhou, en Chine
Un site d’extraction de terres rares à Ganzhou, en Chine

Le Japon est confronté au défi de réduire sa dépendance aux importations de terres rares en provenance de Chine, dans un contexte de dégradation des relations entre Tokyo et Pékin.

En réaction aux propos de la Première ministre japonaise Takaichi Sanae (évoquant un scénario d’urgence à Taïwan qui pourrait représenter une menace pour la survie du Japon, ouvrant la voie à l’exercice du droit à la légitime défense collective), le gouvernement chinois a adopté une position ferme, laissant entrevoir de possibles restrictions sur les exportations vers le Japon de minéraux essentiels à la fabrication de produits de haute technologie.

« Il est difficile de réduire la dépendance aux terres rares chinoises sans porter atteinte aux industries nationales », confient des sources proches du dossier.

Certaines terres rares ne sont produites qu’en Chine, et aucune alternative réellement efficace n’a, à ce jour, été identifiée. Fort de cet avantage stratégique, Pékin a déjà utilisé les terres rares comme levier diplomatique et économique. Il a notamment obtenu des concessions des États-Unis, notamment une réduction de droits de douane imposés sous la présidence de Donald Trump, en restreignant les exportations de terres rares vers le marché américain. La Chine avait également suspendu ses exportations vers le Japon en 2010, à la suite de la collision d’un bateau de pêche chinois avec des navires des garde-côtes japonais près des îles Senkaku, administrées par le Japon mais revendiquées par la Chine.

Depuis cet épisode, les secteurs public et privé japonais ont cherché à diversifier leurs sources d’approvisionnement, notamment en augmentant leurs importations en provenance d’Asie du Sud-Est. Grâce à ces efforts, la part de la Chine dans les importations japonaises de terres rares est passée d’environ 90 % à 60 %.

Les volumes des réserves nationales au Japon ne sont pas rendus publics. Un responsable gouvernemental a toutefois assuré que « les stocks continuent d’être constitués de manière planifiée et que la production des entreprises ne devrait pas s’interrompre brutalement ». Néanmoins, le dispositif de stockage actuel est conçu pour faire face uniquement à des ruptures d’approvisionnement de courte durée. Si la Chine venait à suspendre ses exportations, le recours aux réserves deviendrait inévitable. Dans un tel scénario, l’éxecutif serait probablement contraint d’engager des négociations difficiles afin d’apaiser les tensions avec Pékin.

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