Deux manuscrits inédits d’Ôe Kenzaburô, lauréat du Nobel de littérature, ont été découverts

Livre

Un extrait du manuscrit « Voyage depuis une pièce sombre »
Un extrait du manuscrit « Voyage depuis une pièce sombre »

Un extrait du manuscrit « Tentative de voyage »
Un extrait du manuscrit « Tentative de voyage »

Des manuscrits de deux nouvelles inédites d’Ôe Kenzaburô (1935-2023), lauréat du prix Nobel de littérature, ont été retrouvés. Elles ont été rédigées vers 1957, à l’époque de ses débuts littéraires,

L’une d’elles, intitulée Kurai Heya Kara no Ryokô (« Voyage depuis une pièce sombre »), serait la plus ancienne œuvre connue de l’auteur, a indiqué lundi la bibliothèque Ôe Kenzaburô de l’Université de Tokyo.

Entré à l’université en 1954, le futur auteur de Notes de Hiroshima avait fait ses débuts en juillet 1957, alors qu’il était encore étudiant, avec les nouvelles Le Faste des morts et Tanin no ashi (« Les jambes d’autrui », non traduit en français), publiées dans des revues littéraires.

Selon la bibliothèque, le propriétaire du logement où l’écrivain résidait durant ses années d’études avait conservé les manuscrits. Après avoir été contactée en novembre dernier par un membre de la famille du propriétaire, aujourd’hui décédé, l’institution a procédé à des vérifications qui ont permis d’en confirmer l’authenticité.

« Voyage depuis une pièce sombre » se compose de 82 pages de feuillets manuscrits de 400 caractères, bien que certaines soient manquantes. Rédigée à la première personne et structurée en trois parties, la nouvelle présente une forte dimension romantique : elle relate la fuite du narrateur en compagnie d’une étudiante.

L’autre texte, intitulé Tabi e no kokoromi (« Tentative de voyage »), comprend 42 pages manuscrites et décrit les souffrances d’un adolescent contraint de se déplacer en fauteuil roulant. En raison de certaines répétitions dans l’expression, il semble s’agir d’un exercice préparatoire à la nouvelle « Les jambes d’autrui ». Le manuscrit comporte peu d’ajouts ou de corrections, et la mention « 1957.5 » (mai 1957) figure à la fin du document.

Lors d’une conférence de presse, Abe Kenichi (photo ci-dessous), président du comité de gestion de la bibliothèque et professeur à l’Université de Tokyo, a dit : « Ces deux œuvres étaient jusqu’à présent totalement inconnues. Elles montrent qu’Ôe, dès l’âge de 20 ans, avait déjà commencé à retravailler les grands thèmes qui marqueront son œuvre, tels que la politique ou la sexualité. »

Les deux textes seront publiés dans le numéro d’avril de la revue littéraire Gunzo, éditée par Kôdansha, qui paraîtra le 6 avril. La bibliothèque prévoit par ailleurs de mettre des images numériques des manuscrits à la disposition des chercheurs.

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