Japon préhistorique : une découverte remet en cause l’ère du mammouth de Naumann

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Le fossile du menton d'un mammouth de Naumann
Le fossile du menton d’un mammouth de Naumann

Le mammouth de Naumann, qui peuplait autrefois l’archipel japonais, aurait disparu environ 10 000 ans plus tôt qu’on ne le pensait jusqu’à présent, et le changement climatique aurait très probablement joué un rôle majeur dans son extinction, selon des chercheurs japonais.

Ces conclusions ont été publiées mardi dans la revue scientifique britannique Scientific Reports. L’équipe scientifique réunissait des spécialistes de l’Université Tôkai, de l’Université métropolitaine de Tokyo, de l’Université de Tokyo et du Musée de l’histoire naturelle et environnementale.

Jusqu’à présent, la théorie généralement admise était que le mammouth de Naumann (Palaeoloxodon naumanni) s’était éteint au Japon il y a environ 24 000 ans.

Afin de déterminer plus précisément la date de cette disparition, les chercheurs ont retiré les impuretés présentes sur des fossiles découverts dans la mer intérieure de Seto, au large de la ville d’Imabari, dans l’ouest du pays, avant d’effectuer une datation au radiocarbone de haute précision.

En comparant également des fossiles retrouvés dans d’autres régions du Japon, l’équipe est arrivée à la conclusion que l’espèce se serait en réalité éteinte il y a environ 33 000 à 35 000 ans.

On considère que les premiers humains sont arrivés dans l’archipel japonais il y a environ 38 000 à 39 000 ans. Cette nouvelle estimation réduit donc fortement la période de coexistence entre les humains et les mammouths de Naumann, qui n’aurait duré qu’environ 4 000 à 6 000 ans, bien moins que ce que l’on supposait auparavant. D’après les analyses basées sur la répartition des sites archéologiques, les zones d’activité humaine et les habitats des mammouths ne semblent d’ailleurs pas s’être beaucoup superposés, ni dans le temps ni dans l’espace.

Les chercheurs soulignent également que les outils en pierre utilisés à cette époque n’étaient probablement pas adaptés à la chasse de grands mammifères. L’équipe estime ainsi que l’extinction du mammouth de Naumann serait davantage liée aux bouleversements de son environnement provoqués par les alternances de périodes glaciaires et plus tempérées au cours de l’ère glaciaire, plutôt qu’aux activités de chasse humaines.

Kusaka Sôichirô, maître de conférences en anthropologie biologique à l’Université Tôkai, explique : « Cette étude remet sans doute en question l’image selon laquelle les humains du Paléolithique chassaient activement les grands mammifères dans l’archipel japonais. »

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