Scandale dans les analyses ADN : plus de 230 irrégularités relevées par la police japonaise
Actualités
Société- English
- 日本語
- 简体字
- 繁體字
- Français
- Español
- العربية
- Русский
L’Agence nationale de la police japonaise (NPA) a annoncé jeudi que le nombre de cas d’analyses ADN irrégulières réalisés par un ancien employé du service de police scientifique de la préfecture de Saga (sud-ouest) a été réévalué à 239, contre 130 identifiés lors d’une première enquête interne
La NPA a publié les résultats d’une inspection spéciale portant sur 643 analyses ADN auxquelles cet ancien technicien avait participé.
Selon le rapport, l’agence ne peut exclure que ces irrégularités aient eu des conséquences sur certaines enquêtes dans 37 affaires, notamment dans des cas où il n’était plus possible d’effectuer de nouvelles analyses pour vérification.
L’Agence nationale de la police estime toutefois que cette série de manquements n’a entraîné ni l’arrestation ni la détention d’innocents et n’a pas non plus influencé l’issue des procédures judiciaires concernées.
Lors d’une conférence de presse, le directeur général de la NPA, Kusunoki Yoshinobu, a déclaré : « Nous prenons très au sérieux le fait que la confiance du public envers les analyses ADN, qui constituent un pilier essentiel des enquêtes précises et rigoureuses, ait été ébranlée. Nous veillerons à mettre en œuvre des mesures pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise et nous nous attacherons à restaurer la confiance dans les expertises scientifiques. »
Cette affaire a suscité une vive inquiétude au Japon, les analyses ADN étant considérées comme l’un des outils les plus fiables de la police scientifique pour l’identification des suspects et l’établissement des preuves dans les enquêtes criminelles.
La NPA estime que ces dérives s’expliquent non seulement par un manque de conscience éthique de l’ancien employé, mais aussi par plusieurs facteurs structurels : une charge de travail excessive, un contrôle insuffisant des différentes étapes des analyses et des lacunes dans la gestion des données et du matériel scientifique.
Pour éviter qu’une telle affaire ne se reproduise, la NPA prévoit de renforcer son encadrement des services de police scientifique des différentes préfectures, d’effectuer des audits réguliers et de faire appel à des experts externes en tant que « conseillers en expertise scientifique ». Elle a également diffusé de nouvelles directives visant à renforcer la rigueur des procédures d’analyse ADN et à améliorer l’accompagnement des personnels. Enfin, elle envisage de revoir les critères déterminant les affaires nécessitant une expertise ADN afin d’alléger la charge de travail des laboratoires.
[Copyright The Jiji Press, Ltd.]
