Une équipe japonaise découvre 25 nouveaux biomarqueurs pour détecter un empoisonnement au cyanure

Société Science

Une équipe composée de scientifiques de l’Université Kindai, de la police préfectorale d’Aichi et d’autres institutions a annoncé avoir identifié 25 nouveaux biomarqueurs (indicateurs biologiques) permettant de détecter une intoxication au cyanure.

Cette découverte devrait contribuer à améliorer la précision des enquêtes criminelles ainsi que la détermination des causes de décès. Les résultats de l’étude ont été publiés en mai dans une revue scientifique internationale spécialisée en toxicologie.

Le cyanure est une substance extrêmement toxique qui a parfois été utilisée dans des affaires de meurtre ou des actes terroristes. Sa détection nécessite des techniques d’analyse avancées et sa concentration dans le sang diminue avec le temps. C’est pourquoi des méthodes de diagnostic fondées sur les métabolites produits lorsque le cyanure réagit avec d’autres substances dans l’organisme sont développées depuis plusieurs années.

L’équipe de recherche, dirigée par le professeur Zaitsu Kei, a mené des expériences sur des souris en mesurant de manière exhaustive de nombreux métabolites et en analysant les modifications métaboliques provoquées par l’administration de cyanure. Ces travaux ont permis d’identifier 25 composés capables de déterminer avec une grande précision si un organisme a été exposé ou non à cette substance. À l’avenir, les chercheurs procéderont à de nouvelles vérifications à partir d’échantillons issus d’autopsies humaines et d’autres prélèvements biologiques.

L’étude s’est également penchée sur l’acide 2-amino-thiazoline-4-carboxylique (ATCA), considéré comme l’un des principaux candidats au statut de biomarqueur de l’exposition au cyanure. Certains chercheurs craignaient que la quantité d’ATCA produite soit influencée par l’alimentation, puisque cette substance se forme à la suite de réactions impliquant des composés présents dans les aliments. Toutefois, après avoir nourri des souris avec trois types d’aliments contenant des concentrations variables de ces composés, l’équipe a confirmé que l’ATCA était très peu affecté par le régime alimentaire.

Le professeur Zaitsu a déclaré : « Si ces biomarqueurs sont validés, ils contribueront à améliorer les techniques d’expertise médico-légale. En outre, si l’idée se répand que les crimes commis au cyanure ne peuvent plus passer inaperçus, cela pourrait également avoir un effet dissuasif sur la criminalité. »

De son côté, Hisatsune Kazuaki, chercheur à l’Institut de recherche scientifique criminelle de la police préfectorale d’Aichi, a affirmé : « Nous souhaitons poursuivre ces travaux afin de tirer parti de l’ATCA et des nouveaux biomarqueurs identifiés pour réaliser des évaluations encore plus précises. »

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