Naufrage d’un bateau touristique à Hokkaidô : le patron de la société condamné à 5 ans de prison
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Un tribunal de district de Hokkaidô a condamné mercredi à cinq ans de prison le président d’une compagnie locale de bateaux touristiques après l’accident mortel survenu dans la péninsule de Shiretoko, au nord du pays, en avril 2022, où 26 personnes avaient péri ou disparu après un naufrage.
Le tribunal de district de Kushiro a reconnu Katsurada Seiichi (photo ci-dessus), coupable de négligence professionnelle ayant entraîné la mort. La peine prononcée est conforme aux réquisitions du parquet.
Le procès portait principalement sur la question de savoir si l’accusé de 62 ans, qui ne participait pas directement à la navigation du bateau KAZU I, pouvait raisonnablement prévoir l’accident.
Dans son jugement, le président du tribunal, Mizukoshi Takeo, a rejeté les arguments de la défense, qui plaidait l’innocence de Katsurada, estimant que l’accident était prévisible. Ses avocats ont immédiatement fait appel de la décision.
Le juge a notamment souligné que l’accusé n’avait pas annulé la sortie du KAZU I alors que des avis de vents forts et de forte houle étaient en vigueur ce jour-là. Au cours du procès, le parquet a soutenu qu’en consultant les prévisions météorologiques du jour ainsi que les mises en garde émises par d’autres opérateurs du secteur, Katsurada aurait pu anticiper des conditions dépassant les critères de sécurité fixés par son entreprise. Selon l’accusation, il avait l’obligation d’ordonner au capitaine de renoncer à la sortie, mais il a laissé le navire poursuivre sa route habituelle jusqu’au cap Shiretoko, ce qui a conduit au drame.
La défense a au contraire affirmé que Katsurada avait bien pris connaissance des prévisions météorologiques et pensait que l’itinéraire serait raccourci afin de permettre un retour au port dans la matinée, avant la dégradation du temps. Elle a soutenu que le capitaine avait modifié ce plan de sa propre initiative. Les avocats ont également fait valoir que la cause fondamentale de l’accident résidait dans un dysfonctionnement d’une trappe située à l’avant du bateau, qui ne se fermait pas correctement, et dont leur client n’avait jamais été informé. Selon eux, l’accident ne pouvait donc pas être prévu.
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