La Cour suprême confirme la dissolution de la secte Moon au Japon

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La Cour suprême du Japon a rejeté le recours spécial déposé par la secte Moon (aussi appelée Église de l’Unification) contre les décisions des juridictions inférieures ordonnant sa dissolution.

Dans une décision rendue lundi, la troisième chambre de la Cour suprême, présidée par la juge Watanabe Eriko, a estimé que l’ordonnance de dissolution « ne viole pas la Constitution, qui garantit la liberté de religion et la liberté d’association ». Les quatre magistrats composant la chambre ont soutenu cette décision à l’unanimité.

Il s’agit de la première fois que la plus haute juridiction japonaise rend définitive une décision de dissolution d’une organisation religieuse fondée sur des actes illicites relevant du Code civil.

En octobre 2023, le ministère japonais de l’Éducation avait demandé à la justice d’ordonner la dissolution de la secte Moon à la suite de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Abe Shinzô en juillet 2022. L’auteur de l’attaque aurait agi en raison de liens présumés entre le mouvement religieux et Abe.

Le Tribunal de district de Tokyo avait prononcé l’ordonnance de dissolution en mars 2025. L’organisation avait ensuite fait appel, mais la Haute Cour de Tokyo avait rejeté son recours en mars 2026. La décision de la Cour suprême met désormais un terme définitif à la procédure judiciaire.

Dans sa décision, la Cour suprême souligne que la secte Moon a, pendant une longue période, mené de manière continue des sollicitations de dons, causant à de nombreuses personnes des préjudices financiers et psychologiques extrêmement importants. Elle estime que l’organisation a été impliquée de manière systématique dans ces pratiques et qu’il est évident qu’elle a commis des actes « contraires à la loi et portant gravement atteinte au bien-être public », conformément aux motifs de dissolution prévus par la loi sur les personnes morales religieuses.

La Cour considère également qu’il existe un risque que de telles sollicitations de dons se poursuivent à l’avenir. Elle conclut donc qu’il est « nécessaire et approprié » de dissoudre l’organisation et de lui retirer sa personnalité juridique, aucun autre moyen efficace n’étant disponible. Même si cette mesure peut avoir des répercussions sur les activités religieuses du mouvement, celles-ci ne seraient qu’indirectes. La Cour estime ainsi que l’ordonnance de dissolution est justifiée malgré son impact sur les aspects spirituels et religieux de l’organisation et de ses fidèles.

(Lire aussi : Verdict du procès de l’assassinat d’Abe Shinzô : le Japon face aux dégâts des mouvements sectaires)

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