Adoption d’anciens membres de la famille impériale : un projet « irréaliste » selon l’un d’entre eux

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Un homme de 81 ans issu d’une ancienne branche de la famille impériale a exprimé ses doutes concernant un projet visant à autoriser celle-ci à adopter des descendants masculins en ligne paternelle issus d’anciennes branches, dans un contexte de diminution du nombre de membres de la maison impériale.

Né en octobre 1944 dans la branche Kuninomiya, Kuni Asahiro est le troisième fils du prince Kuni et de la princesse Tomoko, ainsi que le plus jeune de leurs huit enfants. Il est le neveu de la défunte impératrice Nagako (épouse de l’empereur Hirohito), et un cousin de l’empereur émérite Akihito.

Lorsque la branche Kuninomiya a quitté la famille impériale en octobre 1947, Kuni avait trois ans et occupait la 18e place dans l’ordre de succession. « Je ne me souviens de rien de cette époque », explique-t-il.

« J’ai vécu comme un citoyen ordinaire, et ce projet d’adoption me semble irréaliste », dit-il. « Je me demande aussi s’il pourrait obtenir l’adhésion du public. »

À l’école primaire Gakushûin, il a étudié aux côtés de Konoe Yasuko, 82 ans, fille du défunt prince Takahito (prince Mikasa). Après avoir été diplômé de l’université Gakushûin, il a travaillé comme ingénieur chez Hitachi pendant environ 40 ans.

« Je ne voulais pas bénéficier d’un traitement spécial», explique-t-il, raison pour laquelle il a évité d’évoquer son passé de membre de la famille impériale aussi bien durant ses études que dans sa vie professionnelle. Son frère aîné, aujourd’hui âgé de 97 ans, a intégré l’Académie navale impériale et a écrit dans l’un de ses ouvrages que « parce qu’il était un homme issu de la famille impériale, on a probablement veillé à lui offrir une éducation digne d’un futur souverain ». Kuni se souvient toutefois que « contrairement à mon frère, j’ai reçu une éducation totalement ordinaire ».

Malgré tout, il a conservé certains liens avec la famille impériale. Lorsqu’il est entré au lycée, l’impératrice Nagako lui a offert un avion miniature en aluminium télécommandé par câbles. Enfant, il se rendait chaque 3 janvier au palais impérial, où il saluait l’empereur Hirohito, vêtu d’un habit traditionnel japonais, ainsi que l’impératrice Nagako, qui portait un jûnihitoe, la tenue de cour cérémonielle à douze couches. Il y partageait une soupe zôni et des gâteaux de riz à la racine de bardane appelés ohanabira (« pétales de fleurs ») avec les enfants d’autres branches de la famille impériale.

Au fil des années, il a continué à entretenir des contacts avec des membres de la famille impériale et d’anciennes branches à travers des organisations amicales comme la Kikuei Shinbokukai, bien que cette association n’organise plus de réunions depuis 2014 et que ses liens avec les autres anciennes branches se soient progressivement affaiblis.

Près de 80 ans après avoir quitté la famille impériale, il affirme que « chacun a trouvé sa propre voie dans la vie ». Père de deux filles et grand-père de cinq petits-enfants, dont certains sont des garçons, il estime que « vivre en tant que membre de la famille impériale exige une immense détermination » et considère que l’adoption de descendants des anciennes maisons « ne doit jamais être imposée et doit être conçue comme un système respectant pleinement la volonté de chaque individu ».

Le 13 juin dernier, il a présidé l’assemblée générale de l’association des anciens élèves de l’école primaire Gakushûin, au cours de laquelle il a pu rencontrer la princesse Aiko, fille de l’empereur Naruhito et de l’impératrice Masako. « Elle est devenue une femme remarquable », a-t-il commenté, ajoutant également que, « si la famille impériale doit continuer, il n’y aurait aucun problème à ce qu’une femme monte sur le trône ».

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