De plus en plus de jeunes Japonais ont recours à la chirurgie des paupières

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Un nombre croissant de jeunes au Japon, y compris des moins de 20 ans, ont recours à la chirurgie des paupières et à d’autres traitements de médecine esthétique.

Dans les 17 cliniques directement gérées par Kyoritsu Cosmetic Surgery, la proportion de patients âgés de 19 ans ou moins a bondi à 18,8 % en 2025, contre 7,2 % en 2017. La part des moins de 20 ans ayant subi une chirurgie des paupières a également augmenté, passant de 18,8 % en 2018 à 27,2 % en 2025.

Selon des sources proches du secteur, de nombreux collégiens profitent des longues vacances, notamment celles d’été, pour subir des interventions telles que la chirurgie des paupières.

Parmi les patients ayant recours à cette intervention à l’établissement principal de Shonan Beauty Clinic, situé à Tokyo, figurent même des enfants venant tout juste d’entrée en cinquième. Les personnes de moins de 18 ans doivent être accompagnées d’un parent ou d’un autre tuteur, dont le consentement est également requis.

« Le nombre de patients collégiens en troisième augmente ces dernières années », explique Kim Ahmi, médecin de l’établissement de Shinjuku. « Les consultations se concentrent pendant les vacances d’été et avant l’entrée au lycée. »

Il existe deux principales techniques pour créer un pli sur la paupière : la méthode dite maibotsu, qui consiste à faire passer des fils dans la paupière pour former le pli, et la méthode par incision (sekkai), qui consiste à pratiquer une incision au scalpel le long de la ligne souhaitée. Selon le docteur Kim, la méthode par fils est la plus courante, car elle provoque moins de gonflements et d’hématomes et permet de revenir à l’état initial en retirant les fils. L’intervention dure environ 30 minutes et le résultat se stabilise en un mois. « Il n’existe pas de risques physiques propres aux mineurs », affirme-t-elle.

Certaines personnes ont subi une intervention à la demande de leurs parents. La mangaka Graham Ko, 39 ans, a subi sa première opération au printemps de sa troisième année de collège, sur proposition de sa mère. « On m’avait inculqué la conception selon laquelle avoir les paupières simples (hitoe mabuta) était quelque chose de mauvais, au point que je ne comprenais plus mes propres sentiments », se souvient-elle.

Alors qu’elle souhaitait subir une troisième opération pendant ses études universitaires, « les émotions que j’avais refoulées ont débordé et j’ai fondu en larmes sur la table d’opération ». Le médecin a finalement décidé de ne pas procéder à l’intervention. Aujourd’hui mère de deux enfants, Graham Ko estime qu’« il existe bel et bien une pression sociale implicite qui nous pousse à être belles ». « Si mes enfants souhaitent un jour avoir recours à la chirurgie esthétique, je ne m’y opposerai pas, mais je voudrais leur présenter autant de façons de voir les choses que possible », explique-t-elle.

Concernant la chirurgie esthétique chez les mineurs, Kujime Akihito, administrateur de la Société japonaise de médecine esthétique, estime que « le respect de la volonté du patient doit être la priorité, mais que les médecins devraient s’opposer aux interventions irréversibles, comme celles consistant à retirer de l’os ». Il préconise « un processus permettant, lors des consultations préopératoires, au médecin et aux parents d’écouter attentivement les souhaits du patient, de se mettre d’accord sur le résultat recherché et de s’assurer que celui-ci est pleinement convaincu de sa décision ».

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