Au Japon, le « sommeil beauté » inquiète les experts en raison de l’utilisation de somnifères

Santé

Certaines cliniques japonaises proposent des traitements privés, non pris en charge par l’assurance maladie publique, sous l’appellation de « sommeil beauté » (suimin biyô), un concept popularisé sur les réseaux sociaux. Dans certains cas, des médicaments psychotropes susceptibles d’entraîner une dépendance sont prescrits, suscitant l’inquiétude des experts quant au bon usage des médicaments sur ordonnance.

Le « sommeil beauté » ne correspond à aucune définition médicale et désigne l’idée selon laquelle un sommeil suffisant permettrait de réguler l’état de la peau et la sécrétion hormonale afin d’améliorer l’apparence physique. Ces dernières années, de nombreux produits et services, notamment des cosmétiques et des compléments alimentaires, ont été développés autour du concept du sommeil. C’est dans ce contexte que certaines cliniques commencent à proposer le « sommeil beauté » comme traitement non couvert par le système public d’assurance maladie.

Depuis environ l’année dernière, certaines cliniques prescrivent ainsi des somnifères ou des psychotropes en se présentant avec des slogans tels que « retrouver sa beauté grâce à un sommeil de qualité ». Comme il s’agit de soins privés, le coût à la charge du patient est plus élevé que celui d’une prescription couverte par l’assurance maladie publique. Sur les réseaux sociaux, les critiques se multiplient, certains estimant que « ces médicaments ne devraient pas être vendus comme s’il s’agissait de compléments de beauté », alimentant le débat.

Les somnifères sont à l’origine destinés à traiter l’insomnie et d’autres troubles du sommeil. Certains sont classés parmi les psychotropes et nécessitent donc une vigilance particulière en raison d’effets secondaires tels que la dépendance, la somnolence ou encore l’ataxie et les troubles de l’équilibre. Les recommandations cliniques de la Société japonaise de recherche sur le sommeil préconisent un usage approprié de ces médicaments et déconseillent leur administration prolongée et injustifiée.

Uchimura Naohisa, président de cette société et directeur de l’Université de Kurume, rappelle que « les somnifères sont des médicaments destinés à traiter l’insomnie ». Même dans le cadre d’un traitement médical, explique-t-il, « l’essentiel est d’abord d’améliorer les habitudes de vie et d’envisager les médicaments uniquement lorsque cela ne permet pas d’obtenir d’amélioration ». Il appelle également à la prudence : « Un usage inapproprié peut entraîner une dépendance ou provoquer des effets secondaires, comme des chutes dues à la somnolence ou au relâchement musculaire. Ces médicaments ne doivent pas être utilisés à la légère à des fins esthétiques. »

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