Le Japon mise sur Oman et l’Arabie saoudite pour sécuriser les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb

International Économie

Le ministre des Affaires étrangères Motegi Toshimitsu est rentré au Japon dimanche après une tournée de six jours en Arabie saoudite et à Oman. Son objectif était de garantir une « navigation libre et sûre » dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, deux passages stratégiques pour le transport du pétrole brut. Alors que l’issue des discussions entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin aux hostilités reste incertaine, certains appellent également la Première ministre Takaichi Sanae à intensifier sa diplomatie en rencontrant directement les dirigeants de la région.

Le ministre des Affaires étrangères Motegi Toshimitsu et son homologue omanais Badr bin Hamad Al Busaidi à Mascate le 20 août.
Le ministre des Affaires étrangères Motegi Toshimitsu et son homologue omanais Badr bin Hamad Al Busaidi à Mascate le 20 août.

« Oman mène actuellement un projet de dessalement de l’eau de mer et nous souhaitons y jouer un rôle actif », a déclaré Motegi le 20 août lors d’un entretien à Mascate avec son homologue omanais, Badr bin Hamad Al Busaidi.

Oman est un État riverain du détroit d’Ormuz, sur sa rive sud. Le pays poursuit des discussions avec l’Iran, situé de l’autre côté du détroit, sur les modalités de navigation. Selon certaines informations, l’Iran réclamerait notamment le paiement de droits de passage aux navires civils. Le Japon s’y oppose, considérant une telle mesure contraire au droit international.

En proposant de soutenir le projet omanais de dessalement, Motegi entend notamment inciter Oman à demander à l’Iran de rétablir une « navigation libre et sûre, sans coûts supplémentaires » dans le détroit d’Ormuz. Lors de leur entretien, Al Busaidi a déclaré que les modalités de navigation dans le détroit devraient être déterminées « conformément au droit international ». Motegi s’est félicité de cette déclaration, la qualifiant de « très encourageante ».

Avant Oman, Motegi s’était rendu en Arabie saoudite, considérée comme le chef de file du monde arabe et disposant d’une influence importante dans la région. Lors de son entretien avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal bin Farhan Al Saud, il a confirmé l’importance d’une « navigation libre et sûre ». Il a également expliqué que Tokyo préparait un plan de coopération globale destiné à renforcer la résilience économique et énergétique des pays du Golfe, et fait part de son intention de soutenir l’agrandissement de l’oléoduc Est-Ouest saoudien.

Le Japon a jusqu’ici dépendu du Moyen-Orient pour environ 90 % de ses importations de pétrole brut. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, l’importance du détroit de Bab el-Mandeb, situé de l’autre côté de la péninsule Arabique, s’est accrue. Mais la situation y est également instable : les Houthis, groupe armé yéménite soutenu par l’Iran, ont attaqué des navires saoudiens empruntant ce détroit.

Lors de son séjour en Arabie saoudite, Motegi s’est également entretenu avec Rashad al-Alimi, président du Conseil présidentiel du gouvernement yéménite provisoire basé dans le pays. Les deux hommes sont convenus de renforcer leur coopération afin notamment d’assurer la stabilité du détroit de Bab el-Mandeb.

Les efforts pour stabiliser ces « deux détroits » ne se limitent pas au ministre des Affaires étrangères. Depuis le début du mois, la Première ministre Takaichi s’est entretenue par téléphone avec les dirigeants d’Oman, d’Iran et de Turquie afin de leur demander leur coopération. Mais certains membres du gouvernement souhaiteraient qu’elle aille plus loin. Alors qu’elle a renoncé à effectuer des déplacements à l’étranger cet été, un responsable gouvernemental estime ainsi qu’une éventuelle visite de Takaichi en Iran « serait une occasion idéale de montrer la présence du Japon » dans la région.

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