« Ma colère et ma peine dureront jusqu’à ma mort » : 25 ans après le 11 Septembre, le témoignage du père d’une victime japonaise

Société International

Ce vendredi 11 septembre marque le 25e anniversaire des attentats terroristes aux États-Unis, qui avaient coûté la vie à près de 3 000 personnes en 2001. Ayant perdu son fils aîné Sugiyama Yôichi (alors âgé de 34 ans) lors du drame, Sumiyama Kazusada (89 ans), résidant à Tokyo, confie avec émotion : « La tristesse et la colère causées par les attentats dureront jusqu’à ma mort. Je ne sais comment vivre avec ces sentiments. »

Sugiyama Yôichi travaillait au sein de la succursale de New York de l’ancienne banque Fuji (devenue aujourd’hui Mizuho Bank), située dans la tour sud des Twin Towers, qui s’est effondrée. Porté disparu après avoir été pris dans l’attentat, son décès n’a été officiellement confirmé qu’en avril 2002.

Animé par le désir de travailler à l’étranger, le jeune homme avait appris l’anglais dès ses années d’études. En l’an 2000, l’année précédant la tragédie, il avait concrétisé son rêve en rejoignant la succursale new-yorkaise. Tout en éprouvant de la fierté en voyant son fils « œuvrer au cœur de la finance mondiale », Kazusada ne pouvait s’empêcher de ressentir une légère inquiétude face aux actes terroristes qui se multipliaient alors hors du Japon.

Il y a 25 ans, en apprenant la nouvelle des attaques à la télévision ce jour-là, Kazusada s’était envolé pour New York quatre jours plus tard. Sur place, incapable d’obtenir des informations sur le sort de son fils, il avait arpenté les hôpitaux et placardé des avis de recherche sur les murs. « C’était une épreuve éprouvante, remplie d’angoisse », se rappelle-t-il.

Désireux de faire savoir que des citoyens japonais figuraient aussi parmi les victimes, Kazusada a travaillé à transmettre la cruauté du terrorisme et le désarroi des familles, notamment en organisant occasionnellement des expositions de photographies prises sur les lieux. S’aidant d’un dictionnaire, il a également traduit seul le rapport officiel de la commission d’enquête américaine sur le 11 Septembre pendant près de huit ans, publiant sa version japonaise en 2021. Toutefois, constatant le déclin progressif de ses forces physiques ces derniers temps, il a mis un terme définitif à ses expositions cette année.

Il conserve malgré tout la ferme intention de partager son histoire : « Marcher m’est devenu difficile, mais je peux toujours parler. Si l’occasion se présente, je continuerai à raconter mon expérience », affirme-t-il avec conviction.

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